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Dénivelé cumulé : ~ 1100 m.
Voilà un bon bout de temps que je n'avais pas foulé les sentiers baujus. Pour remédier à cela, direction le coeur du massif, pour gravir le Trélod, un des objectifs que je m'étais fixé pour cet été.
Le départ s'effectue au bien-nommé "Cul-du-Bois", sur la commune de Doucy-en-Bauges. Les 500 premiers mètres s'effectuent rapidement, dans une montée assez raide en forêt, débouchant sous l'imposante Dent des Portes. S'en suit la traversée de l'alpage du Charbonnet, croisant quelques vaches. La météo est assez étrange ce jour, de légers voiles élevés tamisent la lumière, rendant celle-ci très blanche et donc peu photogénique. Néanmoins, le ciel offre de magnifiques nuages "moutonnés". Au loin, à l'Ouest, je sens que l'horizon est bouché, je décide alors de ne pas monter jusqu'au Trélod et de planter la tente dans un endroit stratégique : 300 mètres en contrebas du sommet, en face du Mont Blanc, en prévision des photos nocturnes. Stratégie payante, car le soleil n'atteindra pas l'horizon mais offrira malgré tout une éphémère lumière dorée.
Pour certains la journée serait terminée, mais pour ma part, elle se poursuit. Petit somme jusque 22h30, puis de nouveau on fait chauffer le capteur, pour notamment profiter de la lumière lunaire, sans parler de la pollution lumineuse du trio Annecy-Chambéry-Albertville... Ce cinéma aura bien duré jusqu'à 1h30...
A 5 heures, le réveil sonne de nouveau, cette fois-ci il faut poursuivre le parcours jusqu'au sommet. En 45 minutes, l'objectif est atteint. L'atmosphère est fortement contrastée : vers Grenoble, le ciel est clair, tandis que de Lyon à Annecy, un couvercle nuageux progresse vers l'Est. De mauvais augure pour le lever de soleil. Vers 6h30, à quelques minutes du lever, il recouvre le Mont Blanc. Alors qu'au loin Chartreuse et Vercors bénéficient d'une fantastique lumière rougeoyante, ici, rien ou presque ne perce, hormis quelques rayons sur l'Arclusaz.
Le dépit commençait à poindre, quand soudain, au-dessus du toit de l'Europe, quelques rayons transpercèrent, tels une apparition divine. Une fort belle récompense que m'offre la Nature, pendant près d'un quart d'heure...
Et c'est bien le seul instant de la journée où le soleil aura été visible, les nuages ayant gagné la bataille... Ce retour dans les Bauges aura été le théâtre d'une lumière rare, mais intense.
17-18/08/2010