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Dénivelé : ~550 m. Distance aller-retour : ~13 km.
C'est avec une certaine excitation doublée d'une relative appréhension que j'aborde cette sortie. Habituellement en phase d'hibernation dans cette glaciale période, je tente une nouvelle aventure en cette mi-février : le bivouac sur neige en solo. Moi qui suis d'un naturel frileux, c'est un réel challenge.
Ces dernières semaines, la neige a été très abondante dans les Alpes. Les statistiques s'affolent : 2 m de poudre blanche au col de Porte, à seulement 1326 m ! Il y a 2-3 jours, 60 cm sont venus s'ajouter. C'est dans ce contexte que j'aborde mon ascension direction le Charmant Som, en raquettes, pour profiter des paysages fraîchement plâtrés.
Il règne en ce début d'après-midi un épais brouillard au col de Porte, mais je reste confiant, il fait beau au sommet. Les quatre premiers kilomètres s'effectuent sur la route forestière, quelques personnes la veille ont fait la trace, m'épargnant un effort supplémentaire. Arrivé à l'oratoire d'Orgeval, c'est une autre paire de manches, plus aucune trace. Heureusement deux skieurs de rando me rattrapent et commencent à dessiner l'itinéraire. Au même moment le brouillard se dissipe et laisse apparaître les grandes étendues blanches du Charmant Som, magnifique. Par contre, la portance des raquettes est assez différente de celle des skis...l'ascension finale est par conséquent bien épuisante à s'enfoncer à chaque pas. Les 15 kgs sur le dos n'arrangent rien à l'affaire. Près de trois heures après les premières foulées, me voici au sommet. Je trouve un endroit abrité du vent pour y monter la tente. Le froid est déjà vif alors que le soleil brille encore. Une fois la session photo du crépuscule terminée, à la tombée de la nuit, le thermomètre affiche un joli -16°C. Pas de quoi intimider mon tout nouveau matériel de survie : le duvet "Bloody Mary" signé Valandré et le tapis de sol ProLite de Therm-a-rest, le duo gagnant dont le prix justifie leur efficacité.
Le lendemain matin, la mer de nuages a quitté la Chartreuse mais a eu la sagesse de rester sur Grenoble, masquant la laideur urbaine. Une petite perturbation étant attendue en fin de journée, la lumière n'aura pas été parfaite, filtrée par un discret voile élevé.
Mais qu'importe, le défi a été relevé. La montagne hivernale, quoiqu'impardonnable sur le plan des températures et physique dans son ascension, se révèle d'une grande beauté et pureté.
13-14/02/2013