Nous nous devons tôt, direction Gamvik, une longue route nous attend. Cette petite ville se trouve sur la péninsule du Nordkinn, la plus au nord de l’Europe continentale (le Cap Nord visité il y a deux jours est en réalité localisé sur une île). Les quelques éclaircies sont vite englouties par les nuages. Par chance nous avons trouvé un très bon spot littoral à Lebesby Stamneset. Les vagues éclatent, la mer se déchaîne. Nous avons pu prendre de la hauteur pour mieux observer. Les rouleaux ne sont pas réguliers mais puissants. Le ciel prend quelques couleurs orangées. On perçoit les averses qui défilent au large, avec leurs grandes draperies. C'est un long combat entre le beau et le mauvais temps. Finalement le beau temps l'emporte provisoirement et chasse les nuages gris pour dévoiler ses teintes rosées que nous aimons tant. Nous n'avons eu que peu de répit puisque la pluie vint nous rattraper. Dans les terres, pour rejoindre le Nordkinn, la route n'est que partiellement déneigée et nous ne pouvons nous fier qu'aux piquets salvateurs qui bordent la route. Nous croisons un chasse-neige lancé à toute allure et nous envoyant de ce fait une bonne douche de neige. Le désert blanc est majestueux, la route est traversée par des traînées de neige. Peu rassurés et excités à la fois, nous goûtons là à la véritable ambiance arctique, froide et hostile. Au loin, on distingue une interminable clôture. On atteint finalement un carrefour parmi un hameau isolé et sans vie. Nous arrivons malgré tout à Gamvik. Notre logement porte le nom de « the end of the world », appellation non usurpée compte tenu des difficultés pour atteindre cette zone. En soirée, la météo n'est pas géniale mais nous sortons quand même chasser les aurores du côté du phare de Slettnes. heureusement, le ciel se dégagea et quelques belles draperies vinrent parcourir le ciel...