Comme souvent, ce sont la météo et le calendrier lunaire qui guident mes choix de rando. Si la veille je pensais me rendre du côté de la Grande Moucherolle, le matin même je change mes plans : direction le Vercors et le Pic Saint-Michel, que j’avais d’ailleurs programmé le week-end dernier avant de me rabattre là aussi au dernier moment sur le Grand Veymont. Pourquoi ? Car il a plu jeudi/vendredi et le mauvais temps est annoncé en début de semaine prochaine, je m’attends donc à voir de la brume en vallée, et c’est un week-end de pleine Lune. Ca fait déjà un moment que ma stratégie est de faire mes bivouacs sous la pleine Lune près des villes, la pollution lumineuse se ressent moins dans les captations nocturnes et les zones urbaines s’insèrent mieux dans le paysage éclairé. Bref, tous les éléments concordent, direction Lans-en-Vercors, à la station de la Serre, point de départ de l’itinéraire le plus court pour atteindre le Pic Saint-Michel, à peine sous la barre des 600 mètres de dénivelé.
Au fur et à mesure que je monte et que je franchis la forêt, je vois à l’ouest des nuages venant buter contre les premiers contreforts occidentaux du Vercors, je me dis que comme il y a un an, une mer de nuages va se former pendant mon ascension ? En une heure et demie, me voilà au sommet. Un maigre « replat » constituera mon lieu de bivouac, au grand étonnement de deux randonneurs croisés là-haut. A l’ouest, les nuages sont toujours bloqués par le relief, je sens que c’est mort. Impression confirmée après avoir jeté un œil sur les images satellite : c’est une nébulosité très localisée, non caractéristique d’un débordement classique sur les Préalpes. Tant pis, je reste optimiste pour la nuit. Sous un ciel un peu trop vide, le coucher de soleil est plutôt sympa. Chose que je n’avais pas prévu mais qui a été une bonne surprise : le lever de Lune au-dessus de Chamrousse peu après que le soleil soit passé sous l’horizon, le timing parfait, avec les couleurs de la ceinture de Vénus qui plus est. Après quelques photos à la tombée de la nuit, je m’en vais me coucher. La température est supportable (3°C) mais il souffle.
Vers 1h30, je m’extirpe de ma tente : le brouillard s’est-il installé en vallée ? Presque. Côté Villard-de-Lans et Lans-en-Vercors c’est bon, mais côté Grenoble…la brume a envahi la cluse de Voreppe et semble peiner à pénétrer dans la cuvette grenobloise, sans doute freinée par le vent du sud. Cela ne m’empêche pas de m’adonner à quelques poses nocturnes, sous la clarté lunaire.
Le lendemain, aux aurores, sur les coups de 7 heures, me voici de nouveau aux avant-postes et cette fois c’est bon, un brouillard bas s’est infiltré dans la vallée du Grésivaudan, manifestement depuis le nord et s’arrêtant pile sur Grenoble, alors que la Lune tire sa révérence par-delà le Pilat. Une scène matinale fort intéressante.
Je plie tout mon matériel pour redescendre. Une heure plus tard me voilà en bas et déjà le ciel s’est partiellement voilé de nuages élevés. Voilà un créneau météo relativement bien exploité pour cette sortie.
15-16/10/2016