Après avoir ruminé et tergiversé toute la matinée à savoir où je pourrais bien grimper aujourd’hui, je choisis finalement la solution de facilité et de proximité, en m’orientant vers le Moucherotte. Aussi étonnant que cela puisse paraître, en sept ans de présence dans la région grenobloise, je n’ai toujours pas fait ce sommet emblématique. Alors que statistiquement j’étais en déficit de sortie dans le Vercors, comparé aux autres massifs, voilà que je m’apprête à faire ma troisième rando en dix jours dans cette zone.
Les cloches de Saint-Nizier sonnent les 15 heures lorsque j’entame mes premières foulées, sur un sentier encore bien humide, il a plu la veille. Je m’attends donc à de la nébulosité à court terme. En 1h45, j’ai avalé les presque 700 mètres de dénivelé. Là-haut, c’est tout sauf Into The Wild : antenne-relai, pistes, traces de barbecue, 4G et vue imprenable sur la ville. Malgré le soleil, l’air est déjà frais. Tout autour de moi, je vois les montagnes accrochées par les nuages avec un plafond vers 2300-2500 m, je crains de me faire piéger par une mer de nuages, moi qui ne suis qu’à 1900 mètres. Wait & see.
Le coucher de soleil donne des teintes assez intéressantes, avec de la matière dans le ciel et les premières lumières urbaines qui commencent à scintiller. Je m’adonne d’ailleurs à quelques poses nocturnes, en plan large ou serré sur certains quartiers, dans une ambiance assez magmatique.
Je rejoins ma tente pour aller dormir, ou du moins essayer. Si le lieu est protégé du vent, l’humidité ambiante renforce énormément le froid, qui n’est pourtant pas mordant (-2°C). La nuit n’est pas tellement reposante dans ces conditions.
Alors que la condensation sur la toile de tente a gelé, je m’extirpe péniblement aux aurores afin d’immortaliser les premières lueurs. Finalement la mer de nuages ne m’a pas envahi, quelques nébulosités accrochent les flancs du Dévoluy et du nord de Belledonne, et des bancs de brouillards parsèment ci et là le fond de vallée. Les rougeurs matinales sont agréables, le lever de soleil l’est moins, atténué par des voiles d’altitude. Les pieds congelés, je regagne mon bivouac pour plier bagages, alors que la brume entame un ballet au-dessus de moi…
Une heure plus tard, me revoici au parking, finalement la sortie aura été convaincante.
18-19/10/2016