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Hésitant encore le matin entre se reposer et rechausser les Sportiva, je me dis que tant qu’à profiter de l’automne, autant le faire à fond. Je prépare mon baluchon direction un endroit que je convoite depuis un certain temps : le Col de la Vanoise. La seule et unique fois que j’y suis allé remonte à…2007 !
Après une heure et demie de route, me voici au parking des Barmettes, à Pralognan-la-Vanoise. C’est avec les jambes encore lourdes de ma dernière rando que j’attaque la pente, pour un dénivelé prévu d’environ 900 mètres tout de même. La météo est particulière, si le beau temps est incontestable, les cimes sont accrochées par les nuages, le Grande Casse est d’ailleurs noyée dans la brume. Il n’en demeure pas moins que les paysages sont magnifiques, avec ces sommets enneigés et les pieds de versant ocres. Je gravis tranquillement le sentier et trouve les premières neiges au niveau du lac des Vaches (2300 m), l’endroit ne voyant guère le soleil, masqué par le relief de l’Aiguille de la Vanoise. Arrivé vers le col de la Vanoise, on compte une vingtaine de centimètres de poudre blanche, dans une ambiance très brumeuse et fraîche, moi qui suis encore en t-shirt.
Je me dirige vers le refuge, flambant neuf à côté de l’historique ex-Félix Faure. Pour une fois, ce sera une nuit « confort », pour deux raisons : tout bivouac est interdit dans le Parc National de la Vanoise et que des températures fortement négatives sont annoncées pour la nuit (-10°C).
Je pose mon paquetage, puis déambule dans la zone, en attendant que le coucher de soleil arrive. Etant donné la nébulosité, je me dis que c’est mort pour ce soir, jusqu’à ce quelques rayons percent. Je me dirige alors vers le lac Rond (qui, étonnamment, n’est pas encore gelé). Le hasard faisant bien les choses, j’assiste à de belles couleurs sur les sommets de la Haute-Maurienne, vers l’est.
D’autant plus improbable qu’une fois ce moment passé, la brume envahit de nouveau les lieux. Il est temps de regagner le refuge. J’aperçois d’ailleurs de la lumière, pensant être seul, j’aurai alors pour compagnie ce soir 2 jeunes internes en médecine, forts sympathiques, partis pour une boucle de 4 jours dans le massif. J’apprécie le confort d’un matelas et de la tranquillité d’un toit, je dors d’une traite jusqu’au lendemain matin, faisant l’impasse sur des clichés nocturnes.
A 7 heures, me voici dehors, tout le brouillard s’est dissipé, laissant apparaitre tous les monts masqués jusqu’alors. J’erre de nouveau aux abords du refuge à la recherche d’un bon spot, autre que celui exploité la veille. Je m’oriente d’abord vers le Lac des Assiettes en contrebas, jusqu’à m’apercevoir qu’il n’est pas optimal (Grande Casse en contrejour). Je remonte de nouveau vers le col, finalement ce sera un lever de soleil pris au téléobjectif, pour une fois. Et avec une chance insolente, j’arrive à placer notre étoile pile entre deux rochers des Pointes de Pierre Brune.
Après un petit déjeuner frugal, je salue mes compagnons d’un jour et redescends tranquillement, le nouveau Wardruna dans les oreilles, décuplant cette sensation d’évasion. Une bien belle sortie dans un univers de haute montagne, mêlant à la fois l’automne et l’hiver.
20-21/10/2016