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Il y a des jours où tout se passe comme prévu, et des jours pas. Ce samedi, la malchance s’est invitée à la partie. J’avais initialement pour ambition d’atteindre la crête au-dessus du chalet Chanin, à Saint-Jean d’Arves, au terme d’une assez longue course (plus de 1000 m de dénivelé). En milieu d’après-midi, j’attaque l’ascension, en sachant pertinemment que la météo annonce des orages dans les Alpes. Je ne pensais cependant pas qu’ils arriveraient si tôt. Vers 16h30-17h, alors que je ne suis qu’au tiers de mon parcours, le ciel gronde, de plus en plus. Je me trouve un abri en attendant que cela passe, tandis que des sacs d’eau tombent. Une heure plus tard, le bleu refait son apparition au-dessus de ma tête. Je poursuis alors ce sentier non balisé, jusqu’à ce que celui-ci traverse un vallon. Sauf que dans ledit vallon coule un torrent, qui a énormément gonflé à cause de l’orage. Je suis obligé de me rendre à l’évidence, je ne pourrai pas aller plus loin.
Vers 18 heures je rebrousse alors chemin, direction la voiture, avec mise en application du plan de secours : le tout proche lac Guichard au Col de la Croix de Fer, célèbre pour sa facilité d’accès et son beau panorama. Je m’y suis d’ailleurs rendu deux fois, en 2010 et 2012. Vers 20 heures m’y voilà, et je ne suis pas au bout de mes surprises… Je savais que le lac est situé dans le domaine skiable des Sybelles, et lorsque l’on regarde à gauche ou à droite, les remontées mécaniques qui se détachent des lignes de crêtes sont légions. Par contre, la nouveauté, c’est cet infâme bloc gris tape-à-l’œil surmonté d’une grande antenne qu’ils sont venus poser, sans complexe, au-dessus du lac, massacrant un peu plus le décor. Et je ne parle pas du revers de la médaille de la facilité d’accès du site, avec tous ces détritus organiques et inorganiques au bord du lac. Bref, passons.
Alors que le jour tire sa révérence, la nébulosité dans le ciel est toujours intense, me permettant de faire quelques beaux reflets bourgeonnants dans le lac. Alors que je me glisse progressivement dans ma tente à la tombée de la nuit, je perçois quelques éclairs de lumière à travers la toile, il s’agit d’un orage au nord de la Savoie…trop loin pour moi. Je retourne me coucher. Contrairement au week-end dernier, il n’y a pas de vent et la température est clémente (2°C). Je m’extirpe de mon duvet au milieu de la nuit faire quelques poses nocturnes peu convaincantes (le ciel ne jouissait pas d’une grande limpidité, sans parler de la pollution lumineuse de Saint-Sorlin d’Arves) juste en dessous. Vers 5 heures, rebelote pour capter les couleurs de l’aube. Si les toutes premières teintes étaient intéressantes (rougeoiement des cirrus d’altitude), ces mêmes cirrus ont terni le lever de soleil, qui s’est avéré bien palot au final. Je revais dormir jusqu’à 9 heures, puis retour au bercail. On se rassurera en se disant que la sortie aurait pu être pire…
27-28/05/2017