[Retour galerie Chartreuse]


L’automne m’a pris de court cette année. La plus belle des saisons a manifesté sa présence avec environ deux semaines d’avance, contrecarrant tous mes plans, moi qui avais réservé la dernière quinzaine d’octobre pour partager avec Dame Nature son dernier souffle, avant d’entrer en léthargie hivernale. Tout en conciliant le personnel et le professionnel, je scrute les bulletins météo tous les jours, à l’affût d’une fenêtre idéale. Ce mardi, il est annoncé de fortes pluies, suivies du beau temps. Je croise les modèles et les prévisions, les éléments semblent converger, il n’y a pas à réfléchir, il faut y aller. Alors que dans la vallée du Grésivaudan, il pleuvine encore, je prends la route direction la Chartreuse, avec pour objectif Chamechaude. Tout autour, les nuages commencent à se disloquer, le ciel bleu apparait. De bon augure. C’est donc sous le soleil que je m’élance sur le raide sentier, encore détrempé. La seule incertitude qui plane, c’est de savoir si le sommet va rester dans la brume pendant longtemps. Je monte tranquillement, profitant de ce parfum automnal si particulier, en croisant quelques chamois au passage. Près de l’arrivée, je constate que des aménagements ont été réalisés (rondins de bois), probablement pour limiter l’érosion du calcaire, tant l’itinéraire est un incontournable pour les grenoblois. Vers 18h30, me voici au sommet, bien dégagé, alors qu’autour de moi, c’est un ballet de brume. La mer de nuages semble s’installer, comme prévu. Les couleurs du crépuscule sont magnifiques, me permettant quelques poses longues sur les flots atmosphériques. Ce phénomène me fascinera toujours autant. La nuit tombant, j’installe rapidement ma tente dans le seul espace plat de la crête et m’y glisse après avoir mangé un bout et refait quelques prises nocturnes, sous une quasi pleine Lune. Après une courte nuit, fraîche (3°C) mais supportable, j’émerge à 6h30. Le vent du sud s’est levé, entrainant avec lui les brumes basses, à mon grand regret. Résultat des comptes, la mer de nuages a disparu de la Chartreuse, et dans le Grésivaudan, elle se retire telle la marée. De surcroît, il y a quelques voiles d’altitude qui viennent ternir le lever de soleil. Néanmoins, cette sortie aura tenu toutes ses promesses, un pari gagnant, dans une ambiance typiquement automnale, agrémentée de très belles couleurs forestières.
3-4/10/2017