[Retour galerie Queyras]


Après être redescendu de la crête du château Jean Grossan et avoir mangé un bout au restaurant à Ceillac, me revoilà parti sur les routes du Queyras, à destination de mon prochain objectif du jour, et pas des moindres : le Pain de Sucre. J’avais eu l’occasion de le gravir il y a huit ans et cela fait quelques temps que je souhaite m’y rendre de nouveau, avec pour ambition de dormir là-haut.
Garé au col Agnel, le dénivelé sur le papier n’a rien d’exceptionnel, à peine 450 m. Mais l’altitude (3200 m) et le sentier abrupt dans les schistes pourris en font un exercice sportif. En prenant mon temps (et mon souffle !), j’atteins le sommet en 1h30, il est à peine 16h. Je m’étonne encore à penser que je vais dormir là-haut, tant la crête est étroite. Je « plante » ma tente tout au bout de celle-ci, à l’intérieur d’une zone délimitée par un muret créé par les randonneurs. Le sol est loin d’être plat, on sera très loin du confort de la nuit précédente.
L’atmosphère est quelque peu brumeuse en cette fin d’après-midi, surtout du côté italien. Les rayons rasants du crépuscule embellissent les paysages, jusqu’à ce que notre étoile passe sous l’horizon. Je profite un moment de l’heure bleue avant de regagner mon spartiate logis. La rudesse de l’endroit est à pondérer par le fait d’avoir une vue de premier choix sur le Mont Viso. Après avoir mangé un bout, je me faufile dans mon duvet. Malgré mes deux tapis de sol, j’ai un bout de rocher dans les reins et un autre vers l’omoplate, de bon augure pour la nuit. Effectivement, c’est un sommeil tout en pointillé qui va animer ma période nocturne, non pas à cause du froid (-5°C, ce qui est relativement chaud à cette altitude et en cette mi-octobre), mais bel et bien par ce matelas rocailleux (et penté vers l’ouest, tant qu’à faire).
Vers 7 heures, j’émerge de mon abri de fortune pour aller capter les premières lueurs de l’aube. Deux jeunes et leur chien sont également montés pour profiter du lever de soleil. Peu à peu les traditionnelles couleurs font leur apparition, magnifiant les paysages alentours, jusqu’à ce que notre étoile sorte de l’horizon, derrière le Mont Viso. Je savoure ces précieux instants puis remballe mes affaires pour retrouver la voiture, après une nuit éprouvante mais de jolis souvenirs plein la tête.
14-15/10/2017