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Voilà, octobre est entamé. Le mois que j’attends le plus dans l’année, tant il renferme des ambiances et couleurs incroyables. La météo annonçant un week-end en demi-teinte, j’opte pour une adaptation du planning en programmant ma rando sur vendredi/samedi. Après avoir travaillé le matin, je prends la voiture vers la destination retenue : les Ecrins. Vers 15h, me voici au niveau du hameau du Casset, peu après le col du Lautaret. J’avoue n’avoir que partiellement préparé cette sortie : un point de départ, un point d’arrivée, le reste m’est inconnu. Tandis que j’arpente le versant, des voiles élevés commencent à investir les lieux, ils viennent d’Italie. Je commence à pester intérieurement, tout en gardant secrètement l’espoir que l’horizon à l’ouest reste dégagé, afin de faire rougir tout cela au couchant.
Je remonte alors le vallon du Petit Tabuc jusqu’à atteindre le lac de la Douche, qui illumine les lieux de son bleu turquoise. S’en suit une montée raide, pour continuer sur un léger replat et me retrouver au niveau de la cabane pastorale. De là, je quitte le sentier officiel pour suivre des traces de moutons droit dans la pente : mon objectif n’est pas le Col d’Arsine en lui-même, mais la montagne qui le domine (Pradieu, d’après la carte IGN). L’ascension est assez difficile, ma dernière rando alpine remonte tout de même à début juillet ! Bon an mal an, je parviens à arriver au sommet. Un vent froid y règne et le Soleil est bien pâlot. Je trouve un endroit semi-plat relativement protégé pour y installer ma tente. Vers 19 heures, c’est le moment fatidique, et mon vœu caché se révèle exaucé : le ciel se pare de couleurs vives, rouges à jaunes, derrière l’imposante muraille des Ecrins. J’immortalise la scène tant bien que mal, le froid et le vent m’engourdissent les doigts, le thermomètre indique 0°C ; en ressenti, il fait bien moins. L’éphémère spectacle achevé, je me glisse dans mon duvet, en attendant que la nuit tombe, avec la ferme intention de faire quelques poses nocturnes. Je jette un œil vers 22h…le ciel est encore trop voilé…puis vers minuit…hmm, cette fois il est bouché. Vers 2h du matin, j’entends des gouttes sur la toile de ma tente, faisant écho aux vrombissements réguliers sur le versant d’en face : des écroulements de roche, ou de glace, voire des deux. Deux heures plus tard, l’averse semble se calmer, mais le ciel est toujours encombré. Tant pis, je fais l’impasse sur les clichés nocturnes. Peu après 7h, j’émerge de mon duvet et glisse la tête dehors : les éclaircies sont nombreuses et les cimes se sont parées d’écharpes de brume, qui virevoltent au gré du vent. Je m’habille pour me tenir prêt au cas où les couleurs surgissent. Ce ne fut malheureusement pas le cas, des nuages se sont intercalés à l’horizon. Néanmoins, quelques percées de lumière viennent chatoyer les sommets et la brume s’invite à la partie tout autour de moi, l’ambiance est fort belle. Passée cette contemplation matinale, je plie tout et redescends jusqu’à la voiture. Trouvant mes jambes assez lourdes, je profite de retrouver du réseau pour analyser cette virée : altitude départ : 1540 m ; altitude arrivée : 2579 m. Environ 1040 mètres de dénivelé. Ceci explique donc cela.
Une jolie sortie, prometteuse pour la suite du mois…
5-6/10/2018