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Sylvain Clapot - Photographe > 2024

2024

La Belle Etoile (1841 m) – Bauges
La Belle Etoile (1841 m) – Bauges
18 mai 2024 In Bauges No Comment

Départ de dernière minute à la Belle Etoile

La mi-mai est passée, les forêts préalpines sont presque vertes jusqu’aux alpages, tandis que les cimes des plus hauts massifs sont toujours recouvertes de gros névés, peu engageantes. Pour ce week-end de la Pentecôte, l’instabilité météorologique est de mise, des dégradations diurnes sont possibles dans le secteur. D’une matinée ensoleillée, le ciel s’est rapidement noirci en journée. Vent et températures fraiches, tous les indices sont au rouge. Tel un lion en cage, je fais les cent pas, convaincu que les éléments vont m’empêcher d’aller en altitude.

Contre toute attente, le bleu regagne du terrain en fin d’après-midi, seuls quelques nuages débonnaires ornent le toit des montagnes. Je consulte les images satellite, les modèles et les applications de foudre en temps réel : rien d’alarmant. C’est l’occasion parfaite d’aller chasser quelques ambiances post-orageuses. Etant donné l’heure avancée (18h30), l’endroit s’impose comme une évidence : la Belle Etoile. Depuis un an que je suis installé ici, je vais enfin honorer ce sommet qui me surveille tous les jours, une de ces nombreuses sentinelles dominant la région d’Albertville.

Les chiffres sont clairs et résonnent comme un objectif : le soleil tire sa révérence à 21 heures, je dois être en haut avant 20h30 pour bénéficier des couleurs crépusculaires. Il est 18h40 lorsque j’entame les premières foulées depuis le parking des Teppes (1080 m), j’ai donc moins de 2 heures pour avaler les 761 m de dénivelé. Par chance, le sentier entre directement dans le vif du sujet, en abordant le versant avec une pente soutenue. Malgré le poids de mon sac, ma détermination l’emporte sur la peine de l’exercice.

Abreuvé par la belle luminosité de fin d’après-midi et encouragé par toute l’avifaune forestière, j’engloutis les courbes de niveau à bon rythme, entre 500 et 600 m/h. L’itinéraire récupère la partie boisée de la crête, pour ensuite s’en extraire et déboucher sur des terrains plus ouverts et herbacés. Au détour d’un virage, le Croix de Périllet se dévoile. Chaque jour ou presque, d’en bas, je la consulte, elle est cette anonyme qui est rentrée dans mon quotidien. Je la salue d’un regard silencieux en passant auprès d’elle. En ligne de mire, au bout de la crête acérée, une seconde croix s’élève : celle de la Belle Etoile. Je m’y précipite, en négociant les quelques passages vertigineux, où mieux vaut avoir le pas sûr. Il est 20h10 lorsque j’atteins l’objet sacré, accompagné d’une table d’orientation. L’espace est bien plus étroit que je le pensais, il va falloir s’en accommoder.

Une ambiance magique pré-orageuse

Si la Lauzière, le Beaufortain et le mont Blanc sont bien bouchés, l’effervescence crépusculaire a bel et bien lieu à l’horizon. Le lac d’Annecy et le relief de la Tournette baignent dans une lourde ambiance tolkienienne, chargée de mystère et de puissance à la fois. Côté ouest, les rais de lumière entreprennent un jeu de cache-cache avec les nuages, donnant naissance à d’incroyables percées dorées sur les versants baujus. Dans ce recoin des Alpes, la scène va bien au-delà de mes espérances, je prends cela comme une juste récompense de l’audace et de l’effort qui m’ont conduit ici. Je monte bon an mal an ma tente entre la croix et la table d’orientation, optimisant le seul semblant de replat ici : ma manie de toujours vouloir dormir le plus haut possible !

Tout semble se passer comme prévu, le jour se meurt peu à peu, les villes s’éveillent, l’obscurité s’installe. Cependant, depuis quelques minutes, j’observe d’un œil inquiet ce qui se trame au sud-ouest : un gros rideau de pluie, peu mobile, stationne sur le nord de Belledonne. Je consulte mes applications météo et elles sont formelles : certes, d’abondantes précipitations se dirigent lentement vers ma position, mais elles ne sont accompagnées d’aucun éclair. Pourtant, Belledonne n’est jamais en reste pour constituer le lieu d’expression des colères de la nature. Plus largement, aucun orage n’est à signaler sur les Alpes du nord. D’expérience, la nuit a tendance à faire tarir les caprices du ciel, d’autant plus que les prévisions nocturnes sont optimistes Je me dis alors qu’au pire j’essuierai une bonne rincée.

Mais sans crier gare, les événements prirent une tout autre tournure.

L’arrivée soudaine de l’orage sur la Belle Etoile

En arrivant sur les Bauges, la cellule jusqu’alors silencieuse exprime désormais son hostilité, du côté du Pécloz, à seulement 10 km d’où je suis. Un premier éclair, puis deux. Suivi d’un vrombissement résonant dans tout le massif. Je prends rapidement conscience du piège dans lequel je suis : dans quelques minutes il sera sur moi. Je n’ai pas le temps de remballer la tente et de déguerpir, regagner le sous-bois protégé me prendrait une demi-heure. Trop court. Trois solutions s’offrent à moi :

  • 1 : Rester sous la tente. C’est assurément pactiser avec la grande faucheuse, s’agissant de l’endroit le plus dangereux sur ce point culminant, au contact de la croix métallique.
  • 2 : Aller plus loin sur la crête. C’est s’exposer inconsciemment aux éléments.
  • 3 : Se réfugier dans le petit boisement linéaire qui coiffe la crête, en contrebas du sommet.

Il est évident que se cacher sous des sapins lors d’un orage est une décision absurde et déconseillée par les plus élémentaires consignes de sécurité en montagne. C’est néanmoins la moins pire des résolutions devant l’urgence de la situation.

Je leste la tente de mon sac et de quelques blocs calcaires en cas de tempête, prends mon appareil photo et ma frontale, puis me dirige à l’écart du sommet. Le flanc occidental de la crête est très raide, je ne peux descendre que de quelques mètres. Je trouve une zone favorable, m’accroupis et confie mon destin entre les mains du hasard. L’orage est désormais au-dessus, les flashs et les bruits se font de plus en plus proches. A travers les branches, je vois la Sambuy subir le châtiment divin. L’atmosphère est oppressante et angoissante. Les secondes deviennent des minutes. Cet enfer s’arrêtera-t-il ?

Soudain, une lumière aveuglante, accompagnée d’une détonation assourdissante. La foudre est tombée à quelques mètres.

Je suis projeté en arrière, j’hurle par réflexe. De la terre est éjectée. Mon cœur s’emballe. Je sens une chaleur dans mon pied droit et mon coude gauche. Le tonnerre finit de se répandre dans les Bauges. Sonne-t-il mon glas ? Groggy, je réalise ce qu’il vient de m’arriver : j’ai été victime de la foudre. J’analyse rapidement la situation : je vois, j’entends, mes souvenirs sont intacts et mes membres fonctionnels. Un miracle !

Dans les minutes qui suivent, l’orage continue ses méfaits en direction des Aravis, le secteur retrouve son calme. Je patiente un moment dans mon abri qui n’en était pas un, puis retourne observer le paysage depuis la crête. La Lune éclaire les prairies sous le col de l’Alpettaz et les nuages menaçants s’en sont allés. Il règne dans l’atmosphère une odeur de cramé, assez perturbante. Encore sous le choc, je remonte au sommet. Ma tente est indemne, du grésil s’est accumulé au pied de la toile.

Retour à la maison

Décidant malgré tout de maintenir mon bivouac ici, je consulte par acquis de conscience mes applications météo : une nouvelle cellule pluvieuse est présente sur la Chartreuse. La probabilité d’un nouvel orage nocturne demeure faible, mais aucune envie de renouveler cette cauchemardesque expérience. D’autant plus que le ciel est toujours menaçant dans la vallée de l’Isère. Hors de question de rester ici, la foi n’y est plus. Je remballe tout mon matériel dans mon sac et entreprends la descente à la frontale. La pluie a rendu l’itinéraire glissant et boueux, mais mon sang-froid à toute épreuve l’emporte, je négocie sans trembler le chemin du retour. A 00h45, la voiture est retrouvée, épuisé par ces rebondissements, sans même avoir eu le temps de manger. Plus tard, l’engourdissement dans le bras trouve son explication : une petite brûlure en ramification au niveau du coude révèle le point de sortie de l’arc électrique.

La foudre ne m’aura pas donc atteint directement, mais probablement par diffusion dans le sol dû à la proximité de l’impact Par chance, aucune séquelle n’a été révélée par les analyses faites le lendemain.

Bref, j’ai failli mourir foudroyé.

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La Frête (1636 m) – Aravis
La Frête (1636 m) – Aravis
12 mai 2024 In Aravis No Comment

Bivouac au lieudit de la Frête (1636 m) dans les Aravis, mai 2024.

Le lendemain des aurores

Dans la nuit du 10 au 11 mai, une intense éruption solaire a illuminé le ciel de l’Hexagone, inondant le céleste de draperies rosâtres. J’ai honteusement raté ce phénomène exceptionnel sous nos latitudes, alors que la nuit précédente, j’errais sur la crête de la Montagne de Sulens. Rageant.

Une séance de rattrapage est peut-être possible ce samedi, bien que la probabilité soit faible. Il était de toute façon prévu de retourner en altitude avant le nouvel épisode de pluie annoncé ces prochains jours. La neige empêchant toujours d’aller au-delà de 2000 mètres, c’est du côté du Col des Aravis que le choix se porte, une virée tranquille sur le flanc oriental du massif éponyme. L’idée est de s’éloigner des imposantes murailles rocheuses afin d’avoir le nord suffisamment dégagé.

Direction la Frête

Le beau temps printanier a attiré nombre de visiteurs au Col des Aravis, les parkings sont combles. L’endroit est toujours aussi impressionnant, les verdoyants alpages sur les cônes de déjection sont bordés d’immenses parois surplombant la route d’environ 1000 mètres. Des névés noircis par l’érosion tapissent le haut des versants. Le plan initial de parcourir les Aravis sur le sentier en balcon est modifié, au profit de la piste carrossable, aisément praticable. Celle-ci se dirige côté sud, il s’agit d’une dénommée « Route de la Soif ». Elle va jusqu’au Col de l’Arpettaz, au pied du Mont Charvin.

L’objectif du jour demeure modeste : se positionner sur l’alpage près du chalet de la Frête, à 1636 mètres. En à peine 1h30, l’endroit est atteint. La sensation de beau temps est trahie par de nombreux cumulus qui obscurcissent le ciel, au-dessus des montagnes environnantes, y compris le Mont Blanc si proche, coiffé de brumes tenaces. L’abri de fortune est, une fois n’est pas coutume, positionné dans le plus grand des conforts : terrain plat, spacieux, herbeux et sans vide à côté. Le luxe.

Pas d’activité nocturne

Le jour décline peu à peu. Pour profiter d’un meilleur panorama et des teintes crépusculaires, je grimpe à la Croix des Frêtes, à l’ouest, dominant le site d’une centaine de mètres. Tout le massif du Mont Blanc se dévoile, ainsi que le village de la Giettaz en contrebas et l’envers du domaine de Megève. La fin de journée approche. Les couleurs deviennent peu à peu orangées, les rayons se diffusent à travers le col pour se déverser en face. Les rougeurs se tarissent, la luminosité diminue, il est temps de retourner dans la tente.

Bivouac à la Frête dans les Aravis

Les prévisions aurorales sont peu optimistes pour cette nuit. L’indice Kp est élevé, mais pas suffisant pour que le spectacle recommence. Qu’importe, je scrute le ciel une bonne partie de la nuit, effectue quelques poses courtes et longues sur les étoiles, un timelapse. Mais, faute d’activité, je me résous à me laisser emporter par le sommeil. Quelques heures plus tard, le jour a chassé la nuit. Le ciel s’est de nouveau chargé, laissant filtrer quelques rayons çà et là, avant d’éclairer l’entièreté des lieux. A 10h30, la voiture est retrouvée, épilogue d’une sortie qui n’a pas tenu toutes ses promesses.

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Montagne de Sulens (1839 m) – Aravis
Montagne de Sulens (1839 m) – Aravis
2 mai 2024 In Aravis No Comment

Mai. L’évocation de ce simple mot résonne chez moi comme la fin de l’hibernation et le début d’un nouveau cycle. Pourtant, les derniers mois furent relativement chaotiques sur le plan météorologique. L’hiver a tardé à démarrer, puis un improbable épisode caniculaire s’est intercalé en mars. Au final, c’est au début du printemps que l’or blanc s’est accumulé en altitude, tandis qu’en vallée la pluie a démoralisé les plus optimistes d’entre nous.

Après encore quelques jours de déluge, le pont de l’Ascension offre enfin une fenêtre météo. Cependant, les ambitions doivent rester mesurées, les cumuls de neige sont encore forts au-dessus de 2000 mètres. Les sommets modestes prennent alors toute leur importance en cette saison, pour à la fois fouler les sentiers sur la terre ferme, et effectuer une reprise en douceur.

Parmi les différentes possibilités, la montagne de Sulens constitue une solution idéale. Loti entre les imposantes murailles des Aravis et de la Tournette, ce petit relief recouvert d’alpages, bien exposé, culmine à 1839 mètres.
Jour férié oblige, l’affluence est au rendez-vous au niveau du parking du Col de Plan Bois (1299 m). Nombreuses sont les personnes à être venues profiter du soleil et des verdoyantes prairies, la file de voitures garées remontent le long de la route. Une grande partie de l’itinéraire pédestre emprunte une piste d’alpage, démarrant d’abord en sous-bois, puis dans un secteur totalement ouvert. Le temps est idéal, les températures clémentes au soleil baissent cependant vite au passage des nuages, défilant dans l’azur. Quelques insouciantes marmottes courent ci et là.

Témoin des derniers jours pluvieux, l’humidité ambiante se manifeste aux abords des plus hautes cimes : les Aravis sont coiffés de brumes, tout comme la Tournette qui leur fait face, les deux se répondant avec leurs sommets blanchis.
Les dernières foulées suivent la ligne de crête, jusqu’à atteindre la table d’orientation matérialisant la destination finale, il est environ 17 heures. J’installe ma tente sur un léger replat en contrebas, aux premières loges pour profiter du panorama. Au fur et à mesure que le jour décline, la nébulosité s’évapore des reliefs. A l’ouest, le Soleil diffuse ses rayons à travers les ultimes lambeaux nuageux, offrant de beaux jeux de lumière. Les alpages se parent de tons dorés, le Mont Blanc tout juste visible se transforme en une vaste étincelle céleste, tandis que l’étoile se meurt par-delà le Rocher de Belchamp.

La température dégringole, l’humidité retombe, les ombres investissent les lieux, c’est l’arrivée de la nuit. Je rejoins mon abri de fortune pour quelques heures. Dans l’obscurité du firmament, se dévoile un fin croissant de Lune, qui vit ses derniers instants avant de rejoindre l’horizon.

Vers 1h du matin, le silence règne en ces lieux. Un bruit suspect sur la toile de ma tente m’extirpe du sommeil. Il se répète. Je saisis la frontale et éclaire l’extérieur. Un renard débonnaire poursuit son chemin, reniflant le sol, guère importuné par ma lumière et le son de ma voix. Etonnante rencontre. Etant réveillé, j’embarque appareil et trépied pour quelques captations nocturnes. La Voie Lactée enrobe le massif des Aravis sous sa coupole lumineuse. Spectacle perceptible pour les yeux, féérique pour le capteur photo, révélant la draperie cosmique dans tous ses détails.
Dès 5 heures, les lueurs de l’aube apparaissent peu à peu. Le silence est trahi par le retour d’une légère brise et les mélodies de l’Alouette des champs, fidèle compagnon des bivouacs d’altitude. Le ciel s’est dégarni de tous ses nuages, l’horizon est encombré de quelques voiles, tandis que l’atmosphère conserve un bon taux d’humidité. Autant d’ingrédients pour créer un lever de soleil banal : les montagnes se vêtissent de fades teintes orangées, loin de me convaincre. Je plie bagage pour retrouver la voiture. Une belle remise en jambe pour démarrer la saison !

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« Les coulisses d’une photo exceptionnelle »
« Les coulisses d’une photo exceptionnelle »
20 janvier 2024 In Publication No Comment

Vous l’avez peut-être aperçu dans le Dauphiné Libéré, je vous propose le récit complet du contexte de la prise de vue de cette image prise à la Croix du Nivolet le 13 janvier 2024.

—

Voilà deux jours que les fonds de vallée sont pris sous une chape de brume, consécutive à un épisode pluvieux suivi de conditions anticycloniques, un classique dans nos contrées en période hivernale. En bas, le règne du froid et de la désolation. En haut, au-dessus de 1500 mètres, la douceur et la clarté solaire.

Le week-end étant là, délivré des obligations professionnelles, je peux enfin aller dominer ce phénomène, moi qui ai exposé par deux fois mes « brumes alpines » en festival. Une quête permanente, insatiable. Toutefois, la météo des prochains jours annonce une énième dégradation, emportant avec elle la stabilité des masses d’air, chassant mes sacro-saintes brumes. Déjà, le samedi matin, les vallées plus internes se sont dévêtues de leur coiffe opaline, Albertville et ses environs sont illuminés par un insolent soleil. Telle la grande marée, la mer se retire peu à peu des estuaires alpins.

L’heure est à la réflexion : où la mer de nuage voudra bien me faire l’honneur de rester jusqu’en fin de journée ? Les webcams me sont d’une grande utilité pour constater la dynamique et les évolutions diurnes. L’une d’entre elles retient mon attention, celle du Revard, dominant Aix-les-Bains et le lac du Bourget. Le brouillard semble s’accrocher un peu plus qu’ailleurs. Une idée germe dans ma tête : établir une composition entre la brume et les lumières urbaines, dans la pénombre post coucher de soleil. Pari audacieux et assez précis, mais avec une bonne probabilité. La Croix du Nivolet, de par son panorama grandiose, s’impose comme une évidence pour forcer le destin.

En début d’après-midi, me voilà ainsi garé au Sire (1409 m), sous un grand ciel bleu. La croix nécessite une marche d’approche d’environ 1 heure. Je m’y rends d’un pas décidé, mais l’esprit partagé entre le doute et l’espoir. Peu avant 15 heures, le sommet est atteint, sans difficulté. Nombreuses sont les personnes à être venues s’aérer en ce lieu si inspirant. Je passe toute la fin d’après-midi à contempler la bataille qui se déroule sans bruit en vallée, l’eau contre le feu, le soleil contre les brumes. En à peine 1 heure, la Combe de Savoie a capitulé, mais le sillon chambérien résiste, probablement grâce à l’humidité du lac du Bourget et à l’axe Chartreuse-Epine, faisant bloc. Côté Nord-Isère et Avant-Pays Savoyard, l’arrière-garde veille et les habitants ne verront assurément pas la couleur du ciel avant le lendemain.

Le jour décline progressivement, l’étoile vient embrasser l’horizon, distillant ses rayons mordorés sur les versants exposés. Autour de moi, la foule s’est clairsemée, seuls quelques irréductibles assistent à l’éphémère spectacle puis, une fois la lumière disparue, quittent les lieux. Pour le commun des mortels, c’est le moment de rentrer. Pour moi, c’est le début des hostilités.

L’horizon se pare d’une palette de couleurs chaudes, du rouge vermillon au jaune pastel, s’opposant au bleu nuit qui s’intensifie partout autour. En contrebas, la vie nocturne se met en place, les villes s’illuminent, telle une coulée basaltique. Le contraste de luminosité est encore trop important, il est nécessaire d’attendre, que les niveaux s’équilibrent, Rester au chevet du jour, malgré son sort scellé, jusqu’à son dernier souffle. Entre temps, un groupe de scouts fait son apparition, pendant quelques minutes, agrémentant ce moment. Je prends en photo leur petite équipe, ils me remercient.

L’instant est enfin venu. De pâles lueurs subsistent à l’horizon, tandis qu’au premier plan l’agglomération est éruptive. Entre ces deux éléments, la mer de nuage s’est bloquée contre la Chartreuse, notamment dans la vallée de Saint-Thibaud-de-Couz. Elle vient vomir son surplus dans le bassin chambérien. Toutes les conditions sont réunies, la scène, bien aidée par le cadrage choisi, est immortalisée. Le résultat de la prise de vue m’évoque immédiatement une référence biblique : « en ce jour-là se fendirent toutes les sources de l’immense abîme d’eau et les écluses des cieux s’ouvrirent. » (Genèse 7:11). Chambéry, magmatique, est comme menacée par le Déluge…

Quelques minutes plus tard, la nuit a définitivement chassé le jour, l’obscurité seulement chahutée par l’effervescence urbaine, il est temps de rebrousser chemin. Le contrat semble avoir été rempli.

Détails techniques :

D850 – 100 mm – 15 sec – 200 ISO
Heure de prise de vue : 18h05, soit environ 45 minutes après le coucher de soleil

Consulter l’article du Dauphiné Libéré :

https://www.ledauphine.com/insolite/2024/01/15/mer-de-nuages-et-chambery-s-embrase-coulisses-d-une-photo-exceptionnelle

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