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Sylvain Clapot - Photographe > 2025

2025

Bilan 2025
Bilan 2025
28 décembre 2025 In Video No Comment

2025…

Sortant de ma léthargie hivernale, momentanément interrompue par un magnifique voyage au nord de la Norvège, une nouvelle itinérance solitaire s’entama, avec pour ambition de capturer la montagne dans ses transformations les plus saisissantes, depuis le réveil printanier de mai jusqu’aux souffles glacés de la fin octobre. Ma saison débuta dès le 1er mai dans le massif du Beaufortain à la Roche Parstire (2109 m), où les crocus perçaient déjà les derniers névés sous un soleil de plomb. Ce premier mois fut d’une grande intensité, me menant successivement dans les Aravis sous la pointe de Mandallaz, puis à nouveau au cœur du Beaufortain sous la montagne d’Outray et la crête des Gittes. J’achevai ce cycle printanier dans le vallon du Clou, au cœur des Alpes Grées, contemplant les avalanches de neige lourde dévalant les couloirs avec fracas, face à l’indomptable Mont Pourri.

En juin, le solstice d’été fut célébré en quête de fraîcheur au Rocher de la Sèche (2580 m) en Vanoise, fuyant la canicule qui commençait à peser sur les basses vallées. Juillet m’entraina vers les sommets les plus minéraux, débutant par le Grand Arc dans la Lauzière, avant d’atteindre le point culminant de mes bivouacs au Gros Peyron, au sein du massif du Mont-Cenis. À 3046 mètres d’altitude, je vécus ici l’une de mes plus grandes surprises : une mer de nuages imprévue envahit la Haute-Maurienne en pleine nuit, transformant le paysage en un océan de coton sous la Voie lactée. Ce lent ressac d’altitude est devenu au fil des années le symbole de ma recherche constante de ces conditions atmosphériques, où la brume sublime le relief et l’enrobe de magie. Ce mois de juillet s’acheva loin des Alpes, avec l’expérience d’un trek en solitaire de 4 jours sur les terres volcaniques d’Auvergne : 90 km sur les sentiers du GR441, autour de la chaîne des Puys. Une parenthèse aussi dépaysante qu’éprouvante.

Le mois d’août marqua la symbolique de la réconciliation, s’ouvrant par un bivouac d’anniversaire à la Roche Pourrie, puis une incursion sauvage aux Rochers des Enclaves dans le Beaufortain. L’expérience la plus marquante fut mon retour à la Belle Étoile, dans les Bauges, afin de conjurer le sort sur ce sommet où la foudre m’avait frappé quinze mois plus tôt. La montagne m’offrit un pardon magistral sous la forme d’une féerie matinale, où des draperies dorées de brouillard s’écoulaient par les cols pour inonder Albertville. Ces instants récompensèrent l’effort physique nécessaire pour acheminer mes 20 kg de matériel jusqu’à l’étroite cime, où la tente tutoya le vide.

L’automne imposa ensuite son silence et ses contrastes dans le massif des Cerces, d’abord près du refuge du Mont Thabor puis au lac de la Ponsonnière. C’est ici que furent affrontées les conditions les plus rudes, lors du coup de froid de septembre. Le thermomètre chuta jusqu’à -8°C dans un calme absolu, offrant des reflets d’une pureté cristalline sur les eaux immobiles. Enfin, le mois d’octobre fut l’apothéose de ma quête des brumes dans les Bauges. Tant au Mont Colombier qu’au Mont Margériaz, ces sommets furent le théâtre des cascades de brume et des mers de nuages persistantes, isolant les crêtes comme un archipel émergeant d’un océan d’argent sous la clarté lunaire ou les rayons dorés du crépuscule.

Au terme de cette saison riche en contemplations, le bilan de mes quinze bivouacs affiche une altitude moyenne de 2350 mètres. Que ce soit la lueur d’une pleine lune rendant la frontale optionnelle ou l’humidité pénétrante des nuits à la belle étoile, la recherche de la lumière parfaite fut ma principale boussole. Ces expériences solitaires me permirent de saisir des moments de poésie rare, où la brume, muse capricieuse, se fit le témoin privilégié d’une nature sauvage et du temps suspendu.

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Découvrez ma vidéo rétrospective de 2025 :

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Roc de Tormery (1135 m) – Bauges
Roc de Tormery (1135 m) – Bauges
14 décembre 2025 In Bauges No Comment

L’hiver météorologique a pris ses quartiers dans notre hémisphère. Il n’a cependant pas attendu le calendrier, offrant un bel épisode neigeux -jusqu’en plaine- sur la dernière quinzaine de novembre. Le climat n’étant plus celui d’autrefois, la blancheur qui recouvrait les alpages et forêts de moyenne montagne s’est vite évaporée, la faute à l’exceptionnel redoux qui a suivi.

Dans les vallées savoyardes, les mers de nuages constituent une tradition hivernale, en période anticyclonique et de stabilité des masses d’air. En cette mi-décembre, la brume rampe jusqu’aux portes de la Tarentaise : Grésivaudan, Combe de Savoie, les bassins chambérien et aixois, Bugey et autre Nord-Isère baignent dans cette matière vaporeuse. Des conditions idéales pour aller contempler le spectacle en altitude, ce dimanche. Un changement de temps est annoncé très prochainement, c’est donc sûrement la dernière occasion pour profiter de cette séquence.

Les contreforts préalpins demeurent une valeur sûre pour dominer ce phénomène. Parmi les possibilités qui s’offrent à moi, je choisis le même lieu qu’il y a un an à la même période : le Roc de Tormery (1135 m), au départ du lac de la Thuile. Le contexte météorologique montre bien des similitudes, à un détail près : la neige a totalement disparu du paysage local, quand je démarre le parcours, peu avant 14 heures. Seules quelques traversées de prairies, que le soleil ne parvient plus à éclairer à cause du relief, sont recouvertes d’une fine pellicule blanchâtre : le brouillard givrant de la nuit précédente.

A bon pas, je remonte la pente douce sur les trois cents mètres de dénivelé qui me séparent du sommet. Tandis que j’approche de la destination, Chambéry se dévoile dans une ouverture de la végétation en arrière-plan du sentier. La désillusion s’installe : la ville, bien visible, témoigne du retrait des flots. L’échec toque-t-il à la porte de mes espoirs ?

Fort heureusement, pas complètement. Une fois la croix atteinte, le panorama plus étendu permet d’établir un point sur la situation. La marée repart indiscutablement au large. Si la Combe de Savoie semble retenir le brouillard, une partie du Grésivaudan est exondée, tout comme le lac du Bourget. Il subsiste dans l’atmosphère résiduelle un effet vaporeux, faisant léviter les montagnes qui le surplombent.
Pendant plus d’une heure, je lézarde devant ce paysage mouvant, assis au bord de la falaise, sous une agréable chaleur. Sans avoir croisé le moindre pèlerin durant mon ascension, le silence s’avère inexistant. Et pour cause, le site domine la vallée, où serpente l’autoroute A43. En résulte un son certes peu puissant, mais continu. Le naïf pourrait croire à la rumeur d’un torrent tout proche ; l’éclairé sait que la réalité est toute autre.

En contrebas, le ressac fait son œuvre sur les rives de Chignin, où les tours sont alternativement noyées, au gré des ondulations marines. Plus tard, l’astre passe derrière le Granier, le froid s’installe. Au loin, la coiffe des vapeurs diffuses chapeautant le Grésivaudan prend une curieuse teinte orangée à la faveur des rayons rasants, bande lumineuse tranchant avec les paysages déjà plongés dans l’ombre.

Le jour se meurt peu à peu, passé les 17 heures. L’humidité qui retombe favorise l’épanchement de la brume, investissant de nouveau les contrées. La fortune tourne en ma faveur : ce que je suis venu chercher s’offre à moi. La mer de nuages se révèle enfin à l’approche de mon heure promise : ces quatre-vingt-dix minutes de clair-obscur entre le déclin du jour et la nuit complète. La luminosité diminue, les temps d’exposition augmentent. Les stratus des bas-fonds s’étirent et prennent des aspects cotonneux. Les lumières urbaines délivrent une myriade de couleurs qui se diffusent dans le brouillard, se conjuguant avec les teintes chaudes subsistant à l’horizon. L’appareil sublime ce que l’œil voit à peine, l’effroyable toile de l’urbanisation revêt, l’espace de quelques minutes, une dimension poétique, où la beauté et l’extraordinaire se côtoient. Villes et villages en sont réduits à de simples halos lumineux, autant d’Atlantides singulières.

L’obscurité est désormais totale, la ligne du ponant ne dégage plus la moindre clarté, marquant la fin de cette parenthèse onirique. J’entame le chemin du retour, à la lueur de la frontale, où je retrouve enfin le silence, seulement trahi par mes foulées…

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Mont Margériaz (1845 m) – Bauges
Mont Margériaz (1845 m) – Bauges
15 octobre 2025 In Bauges No Comment

Bivouac au Mont Margériaz (1845 m) dans le massif des Bauges, les 14 et 15 octobre 2025.

Le choix de la destination

Un ciel bas et lourd pèse comme un couvercle sur une bonne partie de la France ces derniers jours. A la faveur de conditions anticycloniques tenaces, le brouillard rampe sur les basses couches de l’atmosphère. Les Alpes n’échappent pas au phénomène. Se dissipant péniblement dans l’après-midi, il se reforme chaque nuit. Dans les vallées internes et en altitude, le soleil brille de façon presque provocatrice.

Morosité en dessous, féérie au-dessus, telles sont les ambiances provoquées par les mers de nuages. Quelques jours à peine après avoir profité de ces conditions au Mont Colombier, je trépigne en ce début de semaine à l’idée d’y retourner, tant ces flots éphémères m’attirent. Je m’octroie alors un congé pour me rendre là-haut, dans les Bauges. Deux sommets sont dans la shortlist : la Galoppaz et le Mont Margériaz. Le second remporte la partie, animé par une certaine intuition, que c’est là où il faudra être.
En début d’après-midi, me voici au parking de la station, à 1400 m. Comme les jours précédents, la brume s’est dissipée, dévoilant les versants flamboyants d’automne. Il persiste néanmoins dans le ciel un voile semi-opaque, témoignant de la nébulosité résiduelle.

Ascension du Mont Margériaz

L’ascension s’effectue assez rapidement, au sein du peu esthétique domaine skiable, où se côtoient pêle-mêle remontées mécaniques, pistes, tranchées dans la forêt et roches mises à nu. En un peu plus d’une heure, les crêtes sont atteintes.

Le paysage se révèle fort intéressant. Outre ce fin voile fantomatique qui hante la combe de Savoie et le Grésivaudan, la mer de nuages est toujours présente sur le Nord-Isère et l’Ain, débordant au niveau des cols de l’Epine et du Chat. Prometteur.

Je patiente jusqu’à ce que notre étoile se rapproche de l’horizon. J’observe, de ci de là, des lambeaux de nuages se former à mi-versant. Mieux, la chaîne de l’Epine qui jusqu’alors résistait, baisse les armes face à la brume. Celle-ci l’enjambe et conquiert le lac du Bourget et le bassin chambérien. Moi qui pensais la voir revenir seulement après la nuit tombée, c’est une véritable aubaine, à quelques minutes du coucher de soleil. Le remplissage des lieux s’effectue progressivement, seules quelques cimes émergent, notamment le Nivolet et son emblématique croix. Les ultimes rayons dorés subliment ce paysage magique.

J’immortalise ces scènes féeriques jusqu’aux dernières lueurs à l’horizon. La pollution lumineuse des villes se conjugue avec le crépuscule pour offrir des clichés particulièrement puissants.

Nuit au-dessus des nuages

Une fois la nuit installée, je gagne ma tente, bienvenue dans cette atmosphère humide, la toile mouillée en témoigne. Le froid semble un peu plus vif, l’hygrométrie plus élevée n’y est sans doute pas anodine.
Peu après 1h du matin, je ressors pour profiter de l’éclairage lunaire, un croissant tire les paysages de l’obscurité vers la pénombre. Au sud-est, un phénomène attire mon attention : une cascade de brume s’est formée au niveau du Roc de la Croix de Fer. Captivant. J’observe par ailleurs que la Galoppaz est noyée sous les nuages : quel flair d’avoir préféré le Margériaz !

Lever du jour au Margériaz

A 6h30, le réveil retentit de nouveau. Place à l’heure bleue, sous ces teintes douces. Le Niagara à proximité s’affaire toujours autant, constituant alors mon principal sujet photographique, alors que le jour se lève progressivement. En contrebas, à flanc de falaise, un chamois solitaire me siffle, puis s’enfuit. Plus tard, le soleil jaillit des montagnes, apportant une chaleur toute relative. Finalement les flots se sont stabilisés vers 1600/1700 m d’altitude. Au sud, un immense océan me sépare de la Chartreuse et de Belledonne, lointaines côtes d’un autre monde.

C’est sous un vent frisquet que j’entame la descente peu après 9 heures, au terme d’une sortie particulièrement riche, où les lieux furent le théâtre d’une beauté sauvage que seul l’instant savait révéler.

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Mont Colombier (2045 m) – Bauges
Mont Colombier (2045 m) – Bauges
11 octobre 2025 In Bauges No Comment

Bivouac au Mont Colombier (2045 m), massif des Bauges, les 10 et 11 octobre 2025.

Le choix de la destination

Mi-octobre, voilà nous y sommes. Les chaleurs estivales s’en sont allées, laissant la place à l’automne et ses ambiances majestueuses. Le vert des montagnes s’accompagne désormais d’une constellation de motifs de jaune à rouille, ultime euphorie de la nature avant le long sommeil hivernal. La période s’avère également propice aux brumes, muse qui anime tant ma vie de photographe.

Depuis quelques jours, les couleurs ont tourné en altitude, marquant le départ de l’éphémère laps de temps d’effervescence des forêts. Mieux, la veille, une vaste mer de nuages a envahi les Alpes, remontant jusqu’au sein des vallées internes.

Les prévisions sont formelles : ce phénomène ne durera pas, la brume devrait se dissiper dans le week-end, pour stationner dans le Nord-Isère, le Genevois et le Bugey. Hors de question de rater cette belle occasion, il faut monter dès vendredi. Toute la matinée, je reste obnubilé par l’évolution des conditions, scrutant les webcams du coin pour m’assurer de l’altitude de la mer de nuages et de son emprise géographique. Elle a déjà quitté Tarentaise et Maurienne mais semble bien se maintenir côté Bauges. Au dernier moment la destination est entérinée : cap sur le Mont Colombier. Sa position centrale dans le massif et ses abruptes pentes satisfont mes exigences.

Direction le Mont Colombier

A 14h30, me voici au parking le long de la piste forestière (1183 m), sous un ciel bas et lourd, comme dirait Baudelaire. Aussi pressé que déterminé, j’avale le dénivelé rapidement, malgré l’enclume de 20 kg qui me leste le dos. A mi-versant, je pénètre dans le brouillard, conférant aux bois une aura mystique. L’arrivée au col de la Cochette (1694 m) marque la dernière étape du parcours : l’haletante crête du Colombier, caractérisée par sa raideur. C’est aussi à ce niveau-là que le Soleil pointe son nez, apparaissant et disparaissant au gré des ondulations brumeuses.

Quelques centaines de mètres plus tard, le bleu de l’azur s’impose au-dessus de ma tête, dévoilant les sommets alpins, tels un vaste archipel. A 16h20, la croix du Mont Colombier est atteinte, les 850 mètres de dénivelé ont finalement été engloutis en 1h50.

Face à la mer de nuages

Là-haut, le calme se révèle absolu. Seul le tintement des cloches des vaches se fait entendre, dans l’alpage de Rossane en contrebas. Toute la fin d’après-midi est consacrée à la contemplation des paysages, lentement animés par le mouvement du brouillard qui ceinture les versants. L’unique replat du sommet est dédié à l’installation de la tente, dont l’une des absides tutoie le vide, heureusement que je ne souffre pas de somnambulisme. L’astre lumineux décline vers l’horizon, apportant ses tons orangés sur les lieux. Les voiles lointains altèrent cependant l’intensité du coucher de soleil. Le moment que j’attends le plus est enfin là : l’heure bleue, où la pénombre précédant la nuit permet d’allonger les temps de pose, tout en profitant des chaudes lueurs qui habillent encore la frange du monde. La brume, lissée par le temps d’exposition, associée aux teintes orangées du ciel, offre des images emplies de douceur et de poésie.

Sous la clarté lunaire

L’obscurité aura été de courte durée. Par-delà le massif du Mont-Blanc, jaillit la Lune, pleine à 80%. Progressivement, le sommeil des paysages se voit troublé par cette lumière nocturne. La mer de nuages prend alors des reflets argentés, tandis que la silhouette des montagnes se dessine au-dessus d’elle. Pendant près de deux heures j’immortalise ces scènes que bien peu de personnes ont eu l’occasion de voir dans leur vie, témoignant du privilège que j’ai d’être ici, récompensant en même temps l’effort et l’abnégation.

Contrairement à il y a deux semaines, où j’avais dû affronter des températures franchement négatives, la météo s’avère clémente, voire même agréable avec cette inversion, presque sans vent.

Aube au-dessus des nuages

A 6 heures le réveil sonne. Les toutes premières lueurs de l’aube se manifestent à l’est. Une fois encore, je capte le mouvement des brumes sous les tons rosés du jour naissant. Plus tard, le Soleil fait son apparition, éclairant une à une les cimes locales. Durant une bonne partie de la matinée, mon regard se perd dans les paysages, observant l’évolution du phénomène, notamment la dislocation graduelle de la mer de nuages. Elle a déjà perdu 300 mètres d’altitude depuis la veille, faisant émerger des sommets jusqu’alors engloutis.

Lorsque je quitte le Mont Colombier à 11 heures, elle a déjà déserté le cœur des Bauges, tandis qu’au loin, dans la vallée de l’Isère, elle semble s’évaporer inexorablement. La stratégie de monter ici le vendredi a été gagnante. Toutes les conditions ont été réunies pour faire figurer cette sortie parmi les plus prolifiques de cette année !

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Lac de la Ponsonnière (2565 m) – Cerces
Lac de la Ponsonnière (2565 m) – Cerces
28 septembre 2025 In Cerces No Comment

Le choix de la destination

En cette fin septembre, la France grelotte. Une goutte froide s’est installée sur le pays, faisant drastiquement chuter les températures. En altitude, les montagnes ont troqué leurs atours de verdure et de roches grisâtres, au profit d’un fin manteau blanc. Après une semaine de météo maussade, le beau temps est de retour, l’occasion d’aller observer la mutation des paysages là-haut : neige sur les cimes et alpages dorés, le duo gagnant de la saison automnale dans les Alpes.

Pour immortaliser ces éléments, je retourne vers un lieu que j’affectionne tout particulièrement : le col et le lac de la Ponsonnière, au cœur du massif des Cerces (voir récit d’octobre 2020 ICI). Direction les confins de Valloire, sur la route menant au col du Galibier, déjà fermé. Le départ s’effectue depuis Plan Lachat, où de nombreux véhicules sont déjà stationnés. Pas d’inquiétude, peu nombreux seront ceux qui oseront passer la nuit dehors.

Direction le col de la Ponsonnière

Les nuages du matin se sont peu à peu dissipés, dévoilant un ciel d’un bleu pur, mettant en valeur quelques sommets encore plâtrés, à la faveur d’une exposition plus favorable. Côté alpages, tout a déjà fondu, l’incursion hivernale ne fut qu’éphémère. Malgré les 8°C au thermomètre, l’ascension s’avère relativement agréable, grâce aux précieux rayons du soleil. Un parfum d’ivresse m’accompagne tout au long du parcours, tant la beauté des lieux subjugue. En à peine une heure, me voilà au lac des Cerces. À droite, j’aperçois mon objectif, vaste ouverture orographique en arc de cercle, trait d’union de deux vallées, de deux départements, et même de deux régions.

Deux heures après mes premières foulées, le col de la Ponsonnière est atteint. Le décor se révèle toujours aussi magnétique, avec les reliefs de caractère qui ponctuent le paysage, notamment les arêtes de la Bruyère, dominant le Grand Lac. Suite à une pause contemplative, je poursuis le sentier à flanc de versant, pour dominer le lac de la Ponsonnière. Des nuages coiffent le chainon compris entre le Grand Galibier et la Tête de Colombe, générant de vastes zones d’ombre sur les lieux. Je patiente en vain, la nébulosité est tenace, puis cherche un endroit pour monter ma tente. Ce sera au sud du lac.

Défier la brume

À peine ai-je fini d’installer mon abri et de procéder à quelques repérages qu’un phénomène m’interpelle : de la brume s’engouffre par le col de la Ponsonnière et se déverse de l’autre côté. Il faut croire que c’est une particularité locale, c’est la troisième fois que j’observe ce déversoir ici-même. Cependant, étant en contrebas, le point de vue n’est pas idéal. Me vient une idée de composition : aller l’immortaliser au-dessus, ce qui implique de monter jusqu’à la crête, pour le moment dégagée. Elle se situe à un peu plus d’un kilomètre et deux cent mètres plus haut. Un pari risqué qui demande un effort supplémentaire.

Je traverse le banc de brume, saluant au passage un bouquetin solitaire et, une demi-heure plus tard, arrive au spot convoité. Hélas, le filet de brouillard s’est transformé en torrent, s’étalant franchement sur les bords…je ne vois pas à 100 mètres. C’est un échec. Désappointé, je retourne vers ma tente et constate l’épanchement de la brume jusqu’à celle-ci. Inutile d’insister, allons se réchauffer dans le duvet.

Nuit étoilée au lac de la Ponsonnière

La nuit s’est installée, le croissant de lune a disparu derrière l’horizon, laissant le premier rôle à la voûte céleste, où d’innombrables étoiles scintillent. Le brouillard s’estompe progressivement, tout comme la légère brise. Des conditions parfaites pour aller capter l’ambiance nocturne au bord du plan d’eau, où aucune oscillation des eaux ne subsiste par ce climat d’un calme absolu. Le temps paraît suspendu, dans cette solitude où seul le froid me rappelle à la réalité. Pour preuve, le thermomètre affiche huit degrés sous le zéro. Heureusement que mes épaisseurs sont là pour me protéger.

Féérie de l’aube

Après une fin de nuit fort fraîche, me voilà de nouveau dehors pour accueillir les premières lueurs de l’aube ; il est 7 heures. D’expérience, c’est souvent au lever de soleil que la brise se lève. Pour avoir le reflet des montagnes dans le lac, je ne dois pas trainer et me rends aussitôt sur sa rive orientale. L’heure bleue bat son plein. Les cimes se parent d’exceptionnels contrastes au pouvoir envoûtant, d’une beauté saisissante. En arrière-plan, les Écrins dominés ici par la Montagne des Agneaux semblent briller dans la pénombre, avec ses hautes parois maculées de blanc.

Le jour grandit, les ondulations de l’eau apparaissent comme prévu avec le vent naissant, aussi léger soit-il. Je retourne vers mon lieu de bivouac afin de capter les premières incandescences sur les Écrins, qui s’illuminent progressivement.

Vers 9h15, les rayons atteignent ma toile. D’un congélateur, mon abri se transforme en une serre, tout devient nettement plus agréable. Je profite un moment des bienfaits de la sphère ardente, à écouter le silence, à peine trahi par le passage des randonneurs à proximité. Un peu plus tard, une fois la tente pliée et les affaires rangées, débute le chemin du retour. Vers midi, la voiture est retrouvée, épilogue d’une délicieuse et froide virée en terres des Cerces.

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Près du refuge du Mont Thabor (2676 m) – Cerces
Près du refuge du Mont Thabor (2676 m) – Cerces
8 septembre 2025 In Cerces No Comment

Bivouac près du refuge du Mont Thabor (2676 m), dans le massif des Cerces, les 6 et 7 septembre 2025.

Le choix de la destination

L’été météorologique a tiré sa révérence, laissant place à septembre, mois de transition qui réserve souvent bien des surprises. Les premières neiges n’ont pas, ou peu, blanchi les sommets, révélant une montagne des plus dégarnies qui soit. Les rares névés subsistent dans les combes protégées à très haute altitude, souvent causés par les résidus avalancheux, épais et compacts.

Pour ce premier week-end de septembre, une fenêtre de clémence s’intercale entre deux épisodes pluvieux. Des conditions idéales pour retourner au coeur des Alpes. Cependant, les cirrus sont annoncés, prémices de la perturbation de la semaine prochaine. Leur présence en nombre dans l’atmosphère dément l’impression de beau temps. Mais surtout, ils ternissent la lumière, notamment au crépuscule où l’ombre triomphe sur le jour, sans explosion des couleurs rougeâtres.

Le choix de la destination se porte sur un secteur prospecté il y a 4 années dans les hautes terres de Maurienne, au coeur du massif des Cerces, à quelques encablures du Mont Thabor.

L’ascension

Tout débute au parking du Lavoir, terminus de la longue piste forestière depuis la station de Valfréjus, près de Modane. Les nombreux véhicules remplissant la zone de stationnement témoignent de l’attrait grandissant des Cerces. Pour autant, c’est bien en dehors des sentiers battus que je projette de passer la nuit, à l’écart du refuge et autres lacs attirant les pèlerins.

L’endroit est chargé d’histoire : il y a 85 ans, les soldats français ont héroïquement résisté contre les Italiens, tandis que le nord de la France connaissait une humiliante déroute face à la puissante Wehrmacht. Au départ, des panneaux rappellent qu’ici, l’armée française est restée invaincue, du moins jusqu’à l’Armistice de juin 40.

Aujourd’hui, les conditions sont bien plus apaisées : soleil, cirrus décoratifs et température agréable agrémentent l’ascension. Le trajet consiste à remonter la vallée, en suivant le chemin parallèle au GR5, le long du torrent sous le col de la vallée étroite.

De part et d’autre, se dressent les grandes murailles, autant de sentinelles surveillant le secteur : le Grand Argentier, Roche Bernaude, Pic du Thabor, Cheval Blanc ou Mounioz. Seul le temps long vaincra ces fantassins rocailleux.

Arrivée à 2676 m

Au niveau de la Combe de la Grande Montagne, le sentier menant au refuge du Mont Thabor est quitté, pour bifurquer au nord. Le vagabondage conduit vers la zone convoitée, à l’est du col des Roches, parsemée de quelques plans d’eau et offrant une vue de choix sur les environs. Un replat herbeux à 2676 m fera l’affaire, atteint après un peu plus de 3 heures de marche, sans forcer. Deux vautours fauves planent au-dessus de ma tête ; n’étant pas désarticulé au pied d’une falaise et bien vivant, je ne constituerai pas leur repas du soir. Ils s’en vont, sans un battement d’ailes, guidés par les courants ascendants. Il règne ici un silence monacal, seulement trahi par le cri de lointaines marmottes. Les nuages élevés défilent lentement, zébrant l’azur de leurs filaments opales.

Nuit de pleine lune

Le soleil décline vers l’horizon. A 19h, il s’éclipse derrière la crête comprise entre les cols des Bataillères et des Roches. Les ombres dévorent inexorablement les lieux : d’abord les lacs Sainte-Marguerite, puis le vallon en dessous, jusqu’à atteindre Roche Bernaude et le Grand Argentier, sans offrir de couleurs exceptionnelles. Entre en scène l’actrice principale de cette sortie. Jaillissant par-delà les cimes, la pleine Lune délivre un spectacle silencieux, lovée dans un horizon d’abord rosé, puis bleuté. Son éclat s’intensifie au fur et à mesure que la nuit progresse, jusqu’à éclairer les lieux d’une lumière argentée ; la frontale devient optionnelle pour se déplacer dans cette pénombre nocturne.

Vers 2 heures du matin, j’immortalise ces paysages luminescents. En dépit de l’altitude et de la saison, la température est plutôt clémente : le thermomètre indique 1°C mais l’absence de vent et d’humidité rend la chose tout à fait supportable.

Premières lumières du jour

Aux premières lueurs de l’aube, me voilà posté au bout de ce lac anonyme et longiforme, face au Cheval Blanc et au Pic du Thabor, reflétés à la quasi-perfection dans ces eaux à peine ondulantes. Toutefois, le relief qui me fait face peine à s’éclairer, alors qu’un bleu intense et pur tapisse le ciel. Les précieuses teintes sont affadies par un voile résiduel côté italien ; il faut attendre près d’un quart d’heure pour profiter de l’ensoleillement matinal, donnant un autre visage au paysage. Rapidement, les rayons d’une douce chaleur gagnent la tente.

Peu avant 9 heures, toutes les affaires sont repliées, sonnant le début du retour. Pour proposer une variante, un crochet par les lacs, le refuge et le col de la vallée étroite est effectué. Après avoir embrassé du regard les Hautes-Alpes, s’amorce la descente finale jusqu’au parking du Lavoir aux alentours de 11 heures, signant la fin de cette escapade mauriennaise.

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La Belle Etoile (1841 m) – Bauges
La Belle Etoile (1841 m) – Bauges
23 août 2025 In Bauges No Comment

Bivouac au sommet de la Belle Etoile (1841 m) dans le massif des Bauges, les 22 et 23 août 2025.

Le choix de la sortie

Après l’épisode caniculaire, place à la goutte froide. Décidément, la météo semble ne pas vouloir faire dans la demi-mesure en ce mois d’août. L’air se fait plus respirable, lavé par des pluies bienvenues pour la végétation assoiffée. Vendredi oblige, il me faut trouver un endroit proche pour le bivouac post-travail. Un endroit semble tout indiqué : la Belle Etoile. Un lieu qui restera à jamais gravé dans ma mémoire où, il y a quinze mois, la foudre a traversé mon corps. Il est aujourd’hui temps de conjurer le sort. Ce sommet, au patronyme bienveillant mais chargé de souvenirs tragiques, ranime les mémoires de là-haut. Les prévisions sont consultées à maintes reprises et elles écartent tout risque d’orage.

L’ascension de la Belle Etoile

Néanmoins, la nébulosité est dense. Au petit matin, le brouillard s’accroche aux versants, peinant à se dissiper et menaçant de durer. Il y a donc autant de raisons d’espérer que de redouter. Peu après 17 heures, me voilà au parking des Teppes (1080 m), au-dessus du col de Tamié. Le Soleil s’est taillé une part belle dans le ciel de Savoie. L’itinéraire ne ménage aucun échauffement : un raide sentier grimpe à même la montagne. Il présente l’avantage de pouvoir gagner du dénivelé très rapidement, en dépit d’un sac à dos de 20 kg. En un peu plus d’une heure, j’émerge de la forêt pour atteindre la croix de Perillet (1710 m). Tous les jours, depuis chez moi, je lui adresse un regard de déférence. Elle apporte protection sur la vallée, dit-on.

Derrière elle, se dévoile l’objectif du jour, au bout d’une crête aérienne de cinq cents mètres. Au-dessus de ma tête, le tumulte s’est de nouveau installé, le brouillard coiffe bon nombre des sommets, dont la toute proche Dent de Cons. Pour compléter le tableau, le vent distille ses bourrasques, faisant danser la cime des sapins. 18h45, la Belle Etoile est atteinte. Les réminiscences du passé ressurgissent, d’autant plus que l’ambiance montre de multiples similitudes : où que se porte l’œil, les nuages accrochent les reliefs, dans des tons d’un gris menaçant ; plus surprenant encore, les jeux de lumière sur les Bauges rappellent ceux de la dernière fois, avec ce lac d’Annecy fantomatique en arrière-plan.

La brume s’invite

Bientôt, mes craintes sur l’évolution du temps se confirment. Le brouillard, qui mordait la Dent de Cons, s’engouffre par le col de l’Alpettaz puis glisse progressivement jusqu’à mon niveau. La visibilité se réduit à néant en quelques minutes. Un océan aux teintes argile se déploie partout autour et s’installe. L’astre incandescent disparait derrière l’horizon sans m’avoir laissé l’occasion de le saluer. Je profite encore de la clarté crépusculaire pour installer ma tente sur le seul replat disponible, au pied de la croix sommitale. Sur cette dernière, sont gravés ces mots en lettres saillantes : « Jésus, Marie, protégez-nous ». Je suis alors sous divine tutelle, rien ne peut m’arriver.

Alors que la nuit commence à s’installer, la brume se déchire et ondule sur cols et forêts, offrant quelques fugaces scènes emplies de poésie. Ne trouvant pas le sommeil, je patiente dans mon abri jusqu’aux environs de minuit. La toile est déjà trempée d’humidité. La voûte céleste, pourtant dépourvue de Lune, s’avère peu visible, en raison de l’éclairage urbain dans les vallées. La Voie lactée se distingue à peine dans l’azur, mais suffisamment pour tenter un timelapse. Comme dirait l’autre : ce n’est pas un échec, ça n’a pas marché. En effet, au bout de quelques minutes, la lentille de l’objectif s’est recouverte de condensation. Il fallait s’y attendre.

Féérie matinale sur la Belle Etoile

Après une courte sieste nocturne, je me réveille naturellement vingt minutes avant la sonnerie du téléphone. Comme pris d’un pressentiment, je passe la tête dehors. Quel spectacle ! La brume, en provenance de Haute-Savoie, s’immisce dans la vallée entre Faverges et Tamié, pour se déverser dans celle de l’Isère, au gré des cols. Un quart d’heure durant, j’immortalise ce ballet, mais de toute évidence, la marée est montante. Inexorablement, le rideau blanc envahit la Belle Etoile. Je me résous à penser que les festivités s’achèvent. Contre toute attente, des trouées se forment alors que le Soleil émerge par-delà le Mont Blanc. La dorure se répand dans la nuée vaporeuse, métamorphosant sans cesse les paysages.

Peu à peu, le sommet se laisse engloutir par le ressac de la mer de nuages, disparaissant sous le voile laiteux pour reparaître aussitôt dans une clarté diffuse. C’est alors que je décide d’aller contempler ce va-et-vient des flots depuis les airs, via le drone. Là-haut, la féérie est totale : Dent de Cons et Roc Rouge sont ceinturés par le brouillard, tandis que celui-ci vient buter sur la crête de la Belle Etoile, débordant par le col de l’Alpettaz. Albertville n’a jamais autant été sous la menace du Déluge.

Après huit heures, mon promontoire disparaît définitivement dans cet océan éphémère. Le retour vers le monde d’en bas s’impose. La Belle Étoile s’est fait pardonner les déboires d’antan, offrant des conditions exceptionnelles. Le pari était audacieux, mais l’abnégation semble avoir porté ses fruits. La nuit passée, humide et étroite, trouve enfin sa récompense, et je me retrouve réconcilié avec ce sommet, où l’étiquette de « maudit » n’a plus sa place.

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Rochers des Enclaves (2467 m) – Beaufortain
Rochers des Enclaves (2467 m) – Beaufortain
17 août 2025 In Beaufortain No Comment

Bivouac aux rochers des Enclaves dans le massif du Beaufortain, les 16 et 17 août 2025.

Le choix de la sortie

Une fois de plus, l’Hexagone suffoque sous une nouvelle vague de canicule, particulièrement longue et éprouvante pour les organismes. Les conditions anticycloniques ne favorisent pas les belles images, la faute à des lumières ternies par les voiles qui stagnent dans les basses couches. Les quelques orages vespéraux, pourtant bienvenus, n’améliorent en rien les conditions. C’est avec une certaine perplexité que je me décide à tutoyer les cimes, bien conscient des faibles potentialités qui s’offriront à moi. Quand l’hésitation s’impose, le tout proche Beaufortain constitue toujours une valeur sûre. Pour autant, afin de s’assurer un minimum de tranquillité, mieux vaut s’éloigner des spots à la mode, sous peine de finir en camping d’altitude. L’été bat encore son plein, certaines zones sont à éviter.

Au printemps dernier, lors d’un bivouac sous la montagne d’Outray, j’avais repéré à l’est un petit chainon sauvage, dans un des rares secteurs inconnus du massif pour moi : les rochers des Enclaves. Voilà enfin l’opportunité de partir à la découverte de cet endroit. Le départ s’effectue depuis la dernière épingle de la route sous le col du Joly, à la cote 1860 mètres. Au sud, l’objectif se distingue, il parait si lointain. Il se paie au prix de 7 kilomètres de marche.

L’ascension des rochers des Enclaves

L’horloge indique 16 heures passées lorsque débute l’ascension. Le ciel s’est paré de cumulus qui n’ont rien de décoratifs. Le Mont Blanc arbore ses apparats d’un gris sombre, le masquant dans sa totalité. Cependant les prévisions s’accordent pour dire qu’aucun orage ne menace les terres savoyardes. La montée s’effectue tranquillement dans un vallon chahuté par moult effondrements, lui donnant un aspect chaotique. Celui-ci contraste avec les quelques alpages verdoyants où paissent de belles tarines, ponctués de gouilles dans lesquelles se reflète l’azur.

Le col de la Gittaz atteint, la dernière ligne droite s’amorce, pour arpenter les rochers des Enclaves. Contrairement aux sommets classiques, le site s’étend tout en longueur, obligeant à un choix sur le panorama : soit l’extrémité sud pour dominer le barrage de Roselend, soit la partie centrale pour surplomber le barrage de la Girotte. La seconde proposition est retenue, alors qu’il règne un vent soutenu sur le plateau sommital.

Coucher de soleil depuis le sommet

J’explore la zone méridionale, tandis que les rayons se diffusent à travers les nuages vers l’ouest. Par le jeu du hasard, se succèdent dans les plans deux visions de la foi : ancestrale avec la croix marquant la montagne d’Outray, moderne avec le sommet des remontées mécaniques du Mont Bisanne (domaine skiable des Saisies). L’astre incandescent glisse inexorablement vers l’horizon. Les micaschistes et gneiss sous la Tête de la Cicle se parent de teintes chaudes, amplifiées par la couleur naturellement rosée des roches. Phénomène de courte durée, le Soleil rencontre les voiles épais des basses couches, puis prend alors son aspect de boule rouge.

Il n’éclaire déjà plus rien, mais offre un magnifique spectacle dans ses dernières minutes de vie. Le petit point vermeil vient se loger près du fauteuil de la Tournette, ultime souffle du jour avant l’arrivée de la nuit. En contrebas, un cri m’interpelle : une immense harde de 20 à 30 bouquetins traverse le pierrier, tels des fugitifs échappant à je ne sais quelle menace.

Nuit humide à la belle étoile

Avant que l’obscurité ne soit complète, je trouve un replat abrité du vent pour y installer mon bivouac, se réduisant à un tapis de sol, le duvet entouré de son sursac protecteur. L’humidité se fait déjà ressentir à en juger la moiteur des vêtements. Je m’assoupis un moment avant de sortir peu avant minuit, pour quelques images de la voie Lactée. L’exercice est peu convaincant, l’atmosphère souffre d’un cruel manque de limpidité. En témoigne la buée qui se forme continuellement sur le matériel photographique. Au sud-est, d’incessants flashs trahissent la pénombre : un orage sévit sur le piémont italien. Quelques minutes plus tard, la Lune jaillit par-delà le Mont Blanc, distillant sa lumière argentée sur le paysage nocturne.

Douceur de l’aube aux Rochers des Enclaves

Après quelques heures d’un sommeil en pointillés, le réveil sonne vers 6 heures. Tout est trempé : sac, duvet, affaires. L’humidité s’est amplifiée. Elle se manifeste également dans le ciel, le Mont Blanc arbore de nouveau son écharpe de brume, débordement des masses d’air en provenance de Suisse et d’Italie. Le jour s’éveille dans des couleurs blafardes, affadies par l’hygrométrie élevée. Pour preuve, le tout proche massif des Aravis est à peine discernable. Lorsque le Soleil émerge à l’est, de beaux jeux de lumière s’invitent, tantôt diffusée par la brume, tantôt filtrée par les nuages, telles des percées divines.

A 9 heures, il est temps de quitter les lieux pour entamer le chemin du retour. Deux plus tard, la voiture est retrouvée, épilogue d’une sortie aux ambiances plus belles qu’imaginées, de quoi être satisfait.

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La Roche Pourrie (2037 m) – Beaufortain
La Roche Pourrie (2037 m) – Beaufortain
6 août 2025 In Beaufortain No Comment

Bivouac à la Roche Pourrie, 5 et 6 août 2025, massif du Beaufortain

Le choix de la sortie

Après un éprouvant trek de 90 km autour de la chaîne des Puys en Auvergne la semaine précédente, retour dans mes massifs alpins. Les pieds encore endoloris par l’effort, il me faut ménager ma monture en optant pour un parcours modeste. La météo présentant des conditions anticycloniques avec une Lune brillant fort, il s’avère inutile d’aller très loin. Chercher la pollution lumineuse des villes, conjuguée à la clarté nocturne, constitue une option à privilégier, comme il y a un mois jour pour jour au Grand Arc. L’analogie du raisonnement me conduit même à aller explorer un sommet qui m’observe au quotidien, au-dessus d’Albertville : la Roche Pourrie (2037 m). Il s’agit d’une des cimes les plus à l’ouest du massif du Beaufortain, les flancs qui la bordent plongent jusqu’aux rivières de l’Isère et de l’Arly, dans la vallée urbanisée.

C’est également un jour particulier, le 5 août étant mon anniversaire. Quoi de plus normal que d’aller célébrer cela en bonne compagnie, avec mes montagnes. Direction le parking du Chalet forestier des Chappes (1480 m), au terme d’une longue route zigzaguant dans la forêt.

Ascension de la Roche Pourrie

Un trajet relativement court m’attend, seuls 550 mètres de dénivelé sont au programme. L’ascension débute par une mise en jambes en pente douce, sur la piste puis le sentier, jusqu’à atteindre le chalet du Haut du Pré où stationne un troupeau de tarines. Malgré un retour annoncé de la chaleur, les températures restent agréables, la fraîcheur est même de mise, le ciel étant fortement chargé en nébulosité, le Soleil peine à se frayer un passage. La dernière partie de l’itinéraire est aussi la plus sportive : les courbes de niveau se resserrent, la pente s’accentue. Après d’ultimes efforts, me voilà parvenu à mon objectif. L’endroit s’apparente davantage à une crête déchiquetée, sur laquelle reposent une stèle et deux tables d’orientation. Côté sud, un dédale d’éboulis qui contraste avec la végétation basse et les quelques résineux de la face opposée.

Au-dessus des Bauges, un imposant nuage surplombe le massif. Les rayons du soleil filtrent au travers, offrant d’envoûtants jeux de lumière sur la vallée de l’Isère. Ceux-ci s’estompent lorsque l’étoile approche de l’horizon, apportant une dorure relativement éphémère aux versants qui m’entourent. Rapidement, la luminosité s’affadit, les voiles à l’ouest tamisent l’éclat de l’astre incandescent. Au fur et à mesure qu’il descend, il se transforme en boule rouge, petite étincelle perdue dans un paysage sans contraste. Par-delà la Dent de Cons coiffée d’une écharpe de brume, le Soleil expulse son dernier souffle, passant le relai à la nuit. A l’opposé, la Lune pleine à 86% se manifeste derrière les nuages qui se déchirent.

Nuit humide

Les ombres progressant, j’installe un campement des plus sommaires. Etant donné l’exiguïté du site, la tente est restée à la maison, optant pour une nuit à la belle étoile. Un simulacre de replat entre la stèle et l’une des deux tables d’orientation constituera mon spot de bivouac. Malgré l’inconfort certain, le fait d’être calé entre les deux constructions m’évitera toute glissade dans le précipice en cas de sommeil agité. Je patiente à l’extérieur, guettant la fin des dernières lueurs à l’horizon, pour entamer quelques captations nocturnes. Malheureusement, le résultat n’est pas à la hauteur de mes attentes. L’atmosphère semble être gorgée de particules, les paysages ne jouissent pas d’une grande limpidité. La lumière des villes se diffuse dans l’azur en créant des halos bien inesthétiques, je n’insiste pas. En dépit des températures clémentes, je peine à m’endormir, le sol étant caillouteux et à l’évidence bosselé.

Teintes blêmes au réveil

Après seulement environ quatre à cinq heures de somnolence, le ciel d’Orient s’éclaire. Duvet et affaires sont perlés de rosée, preuve du fort taux d’humidité régnant en altitude. Les voiles paraissent avoir gagné en intensité, notamment au-dessus du Mont Blanc, où timidement les rougeurs s’amorcent. Partout, les éléments sont estompés, les Alpes se parent de couleurs pastel. Aux tons églantine des cieux s’opposent les nuances indigo des zones encore dans l’ombre. Quelques vallées de Haute-Savoie arborent des mers de nuages localisées, qui débordent par les cols.

Dans une certaine indifférence, le Soleil jaillit du massif du Mont Blanc, distillant de pâles rayons sur de blêmes montagnes. Devant ce fade spectacle, j’allais plier les affaires, quand un ballet de brume s’invite sans prévenir. Ondulant sur les tout proches versants, ils se transforment en draperies dorées, d’une majestueuse beauté, quelques minutes durant. Un cadeau inespéré pour clore cette session à la Roche Pourrie.

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Gros Peyron (3046 m) – Mont-Cenis
Gros Peyron (3046 m) – Mont-Cenis
23 juillet 2025 In Mont-Cenis No Comment

Bivouac au Gros Peyron (3046 m), massif du Mont-Cenis, le 22 et 23 juillet 2025.

Le choix de la destination

Pendant que les touristes continuent de s’agglutiner sur les spots à la mode (lac Blanc, lac du Crozet, Rocher du Vent, etc), je poursuis ma quête de lieux reculés, où la probabilité de rencontrer mes semblables avoisine le zéro.

Ces mardi et mercredi sont, semble-t-il, la seule fenêtre météo de la semaine. La pluie et les orages, bienvenus pour la végétation, s’invitent durant cette fin de juillet. L’été étant bien installé sur les hauts reliefs, je vais enfin pouvoir tutoyer les 3000 mètres, pour changer des montagnes à vache et trouver des conditions plus minérales, des panoramas qui portent vers le lointain. C’est alors du côté de la Haute-Maurienne que se porte mon choix, car, pour citer un défunt président : c’est loin, mais c’est beau.

Là-bas, la rive droite de l’Arc m’est de facto refusée, s’agissant du parc national de la Vanoise, royaume des interdictions et des flux canalisés. Heureusement, la rive opposée regorge de vallées sauvages, plus ou moins sauvegardées du tourisme de masse. L’une d’elles retient mon attention, pour l’avoir déjà parcourue à deux reprises : le vallon d’Etache (voir article ICI). Mon ambition est d’aller encore plus haut, un sommet marquant la frontière franco-italienne : le Gros Peyron (3046 m).

Cap vers le Gros Peyron

Sous un beau soleil, le départ s’effectue depuis le parking de la Ferme d’Etache (2000 m), terminus de la route perpendiculaire au vallon d’Ambin. Les deux premiers kilomètres en fond de vallée permettent une mise en jambes progressive, tandis que l’objectif du jour, visible d’en bas, me nargue. Il paraît si loin et inaccessible.

Les hostilités débutent réellement à partir du Fond d’Etache (2108 m). Sur la droite se dresse une muraille prairiale qu’il va falloir arpenter juste après avoir franchi le torrent via une passerelle en bois, cassée en deux.

Le sentier aboutit au Plan des Eaux (2470 m), vaste replat au pied du Grand Bec d’Etache, où les zones herbeuses côtoient les éboulis et autres roches polies par de préhistoriques glaciers. Cet endroit marque la fin de l’itinéraire matérialisé sur la carte IGN. La suite du parcours est plus confidentielle, la sente moins évidente. Celle-ci s’engouffre dans un couloir dominant le secteur, trait d’union avec un tout autre univers, ultime tronçon en direction du col d’Etache. Les derniers alpages laissent place à un chaos rocheux, lunaire, composé de quartzites et de cargneules dispersées çà et là.

L’arrivée au col marque la frontière franco-italienne. A gauche, le Gros Peyron me surplombe de 250 mètres. La minéralité du lieu est totale. Épuisé par l’altitude et une fatigue accumulée depuis des mois, je serre les dents pour cette ascension finale, lesté de mes 18 kg sur le dos. Pour se repérer dans cette uniformité rocailleuse, les cairns, nombreux, se révèlent salvateurs. Après 3h30 d’effort, me voilà enfin arrivé à bout de cet entêtant caillou. La cime n’est pas une pointe, mais un demi-dôme allongé, qui se poursuit au sud jusqu’au Pic du Diable, avec d’abruptes parois sur le flanc oriental. Le panorama est saisissant sur les massifs emblématiques : la Vanoise avec la Grande Casse, la Grande Motte et les glaciers, et les Écrins, où se découpent dans le ciel la Barre des Écrins, la Meije et le Pelvoux.

Bivouac au sommet

Une place de bivouac, plate et sableuse, est aménagée à côté du cairn sommital. J’y plante la tente, puis pars en repérage aux alentours. L’instinct et la lecture du paysage me conduisent plus au sud, afin d’aller chercher les falaises, à 15 minutes à pied. Le belvédère, vertigineux, domine le Plan d’Etache et son immense glacier rocheux. Le soleil décline, les ombres envahissent les versants, je retourne vers mon abri de fortune, puis tombe nez à nez avec une harde de bouquetins. Ils sont aussi surpris que moi, et déguerpissent aussitôt, sifflant à tout va. Au loin, le cri angoissant des lagopèdes résonne dans l’immensité.

Le soleil couchant allume les crêtes comme un brasier qui consume le jour. Mon regard est irrésistiblement attiré vers les Écrins, où l’intensité est décuplée. La nuit s’installe progressivement et, malgré l’altitude, la température reste tout à fait acceptable, le thermomètre indique cinq degrés.

La brume s’invite sous le Gros Peyron

Exténué, le sommeil m’emporte. Repos de courte durée, le réveil sonne à 23h30 : place aux images nocturnes, dans ce ciel dépourvu de Lune, propice pour visualiser la Voie lactée. C’est la première chose que je vois en sortant la tête de la tente, côté sud, pour contrôler l’état de l’atmosphère. Côté nord, une vaste masse blanchâtre m’interpelle. En dépit de toutes les prévisions météorologiques, une improbable mer de nuages s’est formée en Haute-Maurienne, investissant chaque vallée, jusqu’à s’échouer au pied du Grand Bec d’Etache, à environ 2600 mètres d’altitude. Quelle incroyable chance, moi qui affectionne tant ces fééries brumeuses !

Je retourne alors au spot repéré quelques heures auparavant, moyennant une approche de 15 minutes à la frontale dans ce dédale minéral. Sur mon rocher au bord du vide, où tout faux pas m’entrainerait 300 mètres plus bas, je contemple le spectacle silencieux. Malgré l’absence de lune, les formes sont bien visibles dans l’obscurité, les quelques nuages rétroéclairent discrètement les lieux grâce aux lumières des cités italiennes, notamment Susa et Bardonnecchia, toutes proches. Je reste plus d’une heure à immortaliser cette scène, constamment animée par les va-et-vient de la brume, lent ressac d’altitude. Le bruit constant des torrents en contrebas renforce cette ambiance maritime.
Devant cette rare fantasmagorie, la Voie lactée en devient anecdotique, bien qu’elle se dresse majestueusement dans le céleste. Je regagne ma tente aux alentours de 1h30, la toile est partiellement trempée, preuve de l’humidité régnant par ici.

L’aube

Peu après 5 heures, le réveil me tire de mon duvet. L’horizon se pare de lueurs témoins du jour naissant. Un fin croissant de lune émerge des Alpes, lové dans un dégradé allant de l’orange au bleu, instant d’une sereine poésie. Derrière, la mer de nuages a totalement disparu, comme si j’avais vécu un rêve éveillé quelques heures plus tôt. Sous un ciel parfaitement limpide, l’aube perd de son intérêt. Les plus hautes cimes s’illuminent une à une, jusqu’à ce que le soleil surgisse des Dents d’Ambin, délivrant ses rayons bienvenus. Finalement, au plus froid de la nuit, le thermomètre n’est pas descendu sous les trois degrés, il a probablement fait plus frisquet en vallée avec l’inversion.

Après une sieste brève mais bien méritée, je quitte le Gros Peyron à 9 heures pour entamer la descente. Deux heures et demie plus tard, je retrouve la voiture, les jambes en feu mais avec l’impression d’avoir été le témoin privilégié d’un moment rare en montagne.

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