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Sylvain Clapot - Photographe > alpes

alpes

Col du Galibier (2642 m) – Grandes Rousses
Col du Galibier (2642 m) – Grandes Rousses
10 mai 2021 In Grandes Rousses No Comment

Voilà un peu plus de 6 mois que je n’ai pas mis les pieds en montagne, la faute aux restrictions covidiennes et ma tendance à hiberner à cette période. Traditionnellement, le mois de mai sonne comme le début d’un nouveau cycle. Cependant, l’hiver joue les prolongations. Malgré la belle saison sur le calendrier, ces derniers jours ont été marqués par le froid, la pluie en vallée et la neige en montagne. Fort heureusement, un redoux passager, couplé à du beau temps, est annoncé ce week-end. L’occasion est toute trouvée pour retourner en altitude.

Cela dit, les forêts n’ont pas encore verdi en totalité dans les Préalpes, ce qui ne garantira pas des photos exceptionnelles. Je me tourne alors vers les Alpes internes, avec cependant des précautions à prendre en raison du risque élevé d’avalanche. J’opte pour une face sud, au manteau plus stable, quand il n’est pas absent. Je jette mon dévolu sur le Col du Galibier. La voiture garée au Col du Lautaret, j’attaque l’ascension à 14h45. Le soleil est presque piquant. Le parcours emprunte la totalité de la route goudronnée, qui est dégagée sur presque la moitié. Je rencontre le chasse-neige stationné vers 2345 m, au droit du torrent de Roche Noire. A partir de là, il faudra seulement compter sur l’action du soleil de ces dernières semaines pour observer un peu de bitume, plus facile à arpenter. Sur les faces sud, aucun problème, mais dès l’approche de versants exposés différemment, les quantités de neige deviennent toute autre. Vers 2500 m, en rive droite du torrent du Galibier, d’anciennes coulées m’obligent à chausser les raquettes… pour une courte durée, une des lanières en plastique a cassé. Impossible de continuer ainsi, je les accroche au sac et reprends la marche seulement équipé de guêtres. Une fois cette section délicate passée, j’atteins le refuge du Galibier, à hauteur du tunnel. Un coup d’œil sur la dernière portion menant au col, il semblerait que ça passe. Un dernier effort me conduit à l’objectif du jour, non sans avoir douté au moment d’avoir traversé une combe particulièrement exposée. Vers 18 heures, me voilà enfin arrivé à la table d’orientation. Les conditions sont très ventées mais la vue vaut le détour. Côté Valloire, je vois les stigmates de nombreuses coulées avalancheuses, l’une d’entre elles a probablement emporté les 4 skieurs il y a quelques heures à peine… glaçant.

Longtemps j’hésite : est-ce que je plante la tente au col afin de profiter du panorama, ou est-ce que je redescends vers le refuge pour être plus tranquille au niveau du vent ?
Ce sera la seconde option, plus sécuritaire.

Je choisis mon spot dans ce vaste espace ouvert et installe ma tente littéralement sur la route, recouverte d’une bonne épaisseur de neige cela dit. A peine ai-je fini de mettre en place mon campement que le soleil passe derrière la montagne, il est temps de manger.
Peu avant la tombée de la nuit, je pars à la recherche d’un endroit plus photogénique que mon lieu de bivouac entouré d’éléments anthropiques. Je remonte la combe derrière, et y trouve un somptueux paysage maculé de blanc, sans aucune trace. Durant toute l’heure bleue, j’immortalise les belles courbes du relief enneigé, fort esthétique.
De retour à la tente, une petite sieste est fort bienvenue…sieste oui, car à minuit, me voilà de nouveau à vadrouiller dans le secteur. Néanmoins, l’humidité est importante, des nuages approchent par le sud-ouest, m’empêchant de faire les prises souhaitées. Probablement effrayé ou importuné par ma frontale, un choucas sorti de nulle part fait mine de m’agresser, m’envoyant même une rafale de déjections, qui heureusement ne m’atteignent pas. Quelle action improbable !

Je retourne me coucher en espérant avoir de meilleures conditions plus tard. Peine perdue, vers 3h, je jette un œil dehors : brouillard complet. Tant pis.
5h45, le réveil sonne une fois de plus, l’aube est déjà entamée. Ni une ni deux, je me précipite vers la combe derrière, le temps est dégagé et les cimes ont fière allure là-bas. Au bout de ce vallon se trouve un col, à 2593 m. Il y règne un vent à décorner les bœufs, engourdissant les doigts en moins de temps qu’il ne faut pour le dire, mais la vue sur les reliefs plâtres vaut bien ce sacrifice. L’ambiance hivernale est saisissante de beauté, sur cette neige regelée durant la nuit qui craquelle au gré de mes pas, la brume glisse à toute vitesse. Je ne manque pas de capter cette scène, malgré ce froid mordant.
De retour à mon abri de fortune, j’avale rapidement une barre de céréale, plie mes affaires, et entame le chemin du retour. Le col du Lautaret est retrouvé sur les coups de 10 heures.

Une sortie aussi éprouvante qu’étonnante. Eprouvante par la longueur de la route entre le Lautaret et le Galibier, les passages de neige épaisse, le vent et le sommeil quasi-inexistant ; étonnante par la pureté des paysages à l’ouest du col, comme si février s’était invité en mai…

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Lac glaciaire du Grand Méan (2850 m) – Alpes Grées
Lac glaciaire du Grand Méan (2850 m) – Alpes Grées
25 octobre 2020 In Alpes Grées No Comment

24-25 octobre 2020

Dans le secteur grenoblois, l’automne commence à tirer sa révérence, notamment en altitude, le foehn des derniers jours a balayé les feuilles dorées par la saison. Pour profiter des belles couleurs, il faut se rendre dans les hautes vallées protégées. Pour ce week-end, c’est davantage des ambiances hivernales que je vais aller palper, en me rendant au fin fond de la Maurienne, l’objectif étant le lac glaciaire du Grand Méan, à près de 2850 m d’altitude.
Passé Modane, les forêts sont encore en effervescence, coiffées de sommets plus ou moins récemment enneigés. C’est au terminus de la route, au parking de l’Ecot, que l’ascension débute, sous un franc soleil. La première partie consiste à remonter le versant jusqu’au col des Evettes. D’abord dégagé, le sentier se tapisse ci et là de neige, au gré de l’exposition et des secteurs sous le vent. Au col, les quantités ne sont pas négligeables, dans cette combe ombragée.
Arrivé à ce niveau, le cirque des Evettes se dévoile, maculé de blanc. La seconde partie de la rando commence : après être descendu jusqu’au pont surplombant la cascade de la Reculaz, il faut remonter toute la pente dominée par le Mont Séti, sur près de 400 mètres de dénivelé. Le poids du sac, près de 25 kg, ralentit la progression, tandis que le chemin est partagé entre neige et terre.

Peu avant 18 heures, l’objectif est atteint. C’est un univers complètement hivernal qui compose le décor : le lac glaciaire est complètement gelé et recouvert d’un manteau blanc, de même que le glacier du Grand Méan. Au même moment, le ciel s’est progressivement voilé, contrairement aux prévisions qui indiquaient une atmosphère parfaitement claire. Du coup, la scène perd de son éclat, la faute aux rayons blanchâtres. La tente est alors rapidement montée sur un replat neigeux, la température commence à dégringoler. Quelques clichés crépusculaires sont réalisés, sans conviction, les conditions ne sont pas optimales…
La nuit, un quartier de Lune éclaire les lieux, mais un fin voile élevé me convainc de rester bien au chaud dans le duvet, le froid est plutôt mordant à l’extérieur. Tenant compte du changement horaire, je fais sonner le réveil peu après 7 heures. Là encore, l’état du ciel me laisse plutôt dubitatif. J’erre dans le secteur pour trouver un spot adéquat et avec une certaine surprise, quelques rayons rougeoyants viennent rendre incandescents quelques sommets au sud. Je m’attèle à capturer ce moment, d’autant plus qu’une dizaine de minutes plus tard, les teintes s’estompent. Il est temps d’aller se reposer et manger un peu, en attendant que le soleil arrive sur le site.
Après avoir patienté un moment, celui-ci apparaît timidement, l’occasion toutefois de faire quelques vues aériennes du site, qui prennent tout leur intérêt ici. Le drone permet d’avoir une vision inédite du glacier et de son étendue. Vers 11 heures, le campement est levé. La descente jusqu’au plan des Evettes est rendue difficile par la fonte des neiges qui a regelé durant la nuit, certaines portions du parcours sont de véritables patinoires. Prudence est de mise, sous l’œil imperturbable d’un vieux bouquetin, perché sur son rocher à quelques centaines de mètres de là. Un dernier effort et la voiture est retrouvée au parking dans l’après-midi, épilogue d’une virée assez physique. Cette rando conclut mes traditionnelles vacances automnales, qui m’auront permis de voir de belles choses. Les prévisions météo annoncent d’ailleurs une nouvelle offensive hivernale en montagne, qui pourrait bien définitivement tourner la page de l’automne là-haut…

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Lac long (2450 m) – Cerces
Lac long (2450 m) – Cerces
18 octobre 2020 In Cerces No Comment

17-18 octobre 2020

On poursuit le court séjour dans les Hautes-Alpes. Après m’être restauré à Briançon, je ne traîne pas et reprends la voiture, direction l’une de mes vallées alpines préférées : la Clarée. A cette époque, il n’est plus nécessaire de prendre la navette obligatoire pour se rendre au terminus de la route, ce qui laisse plus de libertés. Passé Névache, les forêts de mélèzes apparaissent sur les versants, elles commencent tout juste à prendre leur teinte dorée. A la mi-octobre, ce lieu est encore plus magnifique, les couleurs vives enivrent le pèlerin, entre le bleu profond du ciel, les alpages roussis, les conifères jaune étincelant et les premières neiges en altitude. Samedi oblige, le parking au bout de la route est rempli, l’endroit est prisé.
J’attaque la rando à 14h40, avec une modeste ambition, celle de rejoindre le secteur des lacs long et rond, pour environ 450 mètres de dénivelé. J’étais déjà venu ici il y a 7 ans quasi jour pour jour, j’y avais trouvé d’excellentes conditions.

Sous un soleil radieux, j’avance péniblement, les jambes sont encore lourdes et le sommeil haché de la nuit précédente accentue la fatigue. Un peu plus d’1h30 plus tard, l’objectif est atteint. Le petit plan d’eau que je convoitais pour son reflet parfait est déjà gelé. Il est entré en sommeil pour de longs mois. Un replat en contrebas, bordé par un autre lac partiellement pris dans la glace, me paraît accueillant. J’y plante la tente sur un recoin herbeux et profite des quelques dizaines de minutes de soleil avant que celui-ci disparaisse derrière la montagne. La fin de journée approche, le ciel reste uniformément vierge de nuages, seule une écharpe de brume au nord-ouest, près de la Pointe de Rochachille, anime les cimes. Cette scène m’occupe jusqu’aux derniers rayons de soleil, puis de rejoindre mon abri de fortune, il est à peine 19 heures. Je mange mon casse-croûte en regardant un film. À la fin de celui-ci, je sors capter les paysages nocturnes. Aucune lune ne vient trahir la profondeur de la nuit. Seuls les sommets enneigés émergent de l’horizon céleste, sous la bienveillance de la Voie Lactée, bien visible par ce temps clair. L’avantage de ces escapades automnales, c’est d’avoir des nuits plutôt longues, faire un peu d’astrophoto n’empiète pas sur le sommeil, à la différence d’un mois de juin par exemple. Vers 23 heures, extinction des feux. Contrairement à la veille, le froid est moins mordant. Certes les températures sont négatives, mais moins impactantes pour l’organisme.

A 7h15, le réveil sonne. Ni une ni deux, je quitte la tente à la recherche d’un bon spot, tandis que l’heure bleue bat son plein. Je capte les premières lumières depuis le lac partiellement gelé, avant d’aller retrouver un promontoire dominant le Lac Long. C’est un décor de carte postale alpine qui se dresse devant moi. Je profite longuement de ce paysage, en le contemplant, puis de retrouver mon gîte pour me reposer. Il ne faut guère de temps au soleil pour arriver ici. Ses rayons sont les bienvenus, pour la chaleur qu’ils créent sous la toile.
Vers 10h45, j’entame le chemin du retour. Plus bas, un crochet en direction du torrent en fond de vallée me permet de faire quelques images classiques du lieu mais ô combien efficaces, avec le cours d’eau, les mélèzes flamboyants et l’emblématique main de Crépin.
Malgré la tempête de ciel bleu qui s’est abattue sur la Clarée, cette visite aura été fort belle. Des paysages magiques, un calme apaisant et des couleurs explosives, bien loin des tumultes actuelles des grandes villes…

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Col de la Ponsonnière (2750 m) – Cerces
Col de la Ponsonnière (2750 m) – Cerces
17 octobre 2020 In Cerces No Comment

16-17 octobre 2020

Octobre…ce mois a une résonance toute symbolique dans mon cycle annuel. Période charnière entre la nature multicolore et la monochromie hivernale. Comme chaque année, j’effectue ma pérégrination sur les sentiers alpins. 2020 aura été particulière sur bien des aspects. Au niveau météorologique, c’est l’offensive précoce de l’hiver qui a fait parler d’elle, en blanchissant les montagnes jusqu’à faible altitude. En cette mi-octobre, l’automne peine à se manifester à plus de 2000 m, la neige semblant s’être installée pour de longs mois, selon les secteurs. Mon premier rendez-vous automnal avec les Alpes se situe dans le massif des Cerces, peu après le col du Lautaret. L’objectif est de planter la tente à proximité du Col de la Ponsonnière. C’est plutôt confiant que je pars de Grenoble à midi : si en Isère la grisaille, présente depuis de nombreux jours, est tenace, les prévisions de Météo France sont plutôt optimistes pour les Hautes-Alpes, de larges éclaircies étant annoncées. Pour autant, plus je roule, moins le ciel est dégagé. C’est sous un plafond haut blanchâtre que j’attaque la rando depuis le Pont de l’Alpe (1709 m), il est 14h30. Je progresse rapidement sur le sentier. En contournant les arêtes de la Bruyère, une vague de brume déferle lentement et enlace le sommet emblématique. Arrivé près de la cabane du berger (2450 m), le brouillard est épais et quelques petits flocons s’invitent à la fête. On est loin des belles éclaircies prévues. Je poursuis en direction du Col de la Ponsonnière et rapidement j’émerge de la purée de pois. Au loin, au niveau du col, j’observe une cascade de nuages qui vient mourir dans le vallon du Grand Lac. Ayant déjà été piégé au même endroit il y a quelques années, je change mes plans pour ne pas refaire la même erreur : je quitte le sentier pour me rendre à l’écart, au-dessus du col. Vers 2750 m d’altitude, je pose ma tente sur le fin manteau neigeux. La vue est magnifique sur les Écrins, le tout enrobé dans une ambiance hivernale assez puissante. J’erre un petit moment dans la zone et commence à rager, de voir qu’au-delà de Briançon, le soleil règne, tandis qu’ici, les nuages accrochent le relief vers 3500 m. Mais, fait inattendu, le ciel commence à s’embraser derrière les sommets qui me font face. Je ne me prive pas d’immortaliser cette belle scène : montagnes enneigées, cascade de brume, lac gelé en contrebas et atmosphère rougeoyante pour sublimer le tout. Ce cadeau de dame nature fut aussi beau qu’éphémère. Je rejoins ma tente vers 19h30, les jours ont sérieusement diminué depuis quelques semaines. La nuit s’annonce froide, heureusement, il n’y a pas de vent. Afin d’occuper ma soirée, je lance un film tout à fait approprié aux circonstances : Into the wild. Immersion garantie ! Lorsque celui-ci se termine, un coup d’œil dehors : il fait toujours couvert. Emmitouflé, je m’endors rapidement. Réveillé par la fraîcheur vers 00h30, je scrute de nouveau le ciel, la myriade d’étoiles m’indique que tout s’est dégagé. Je fais l’effort de m’extirper de mon chaleureux duvet pour aller capter quelques images nocturnes, pendant près d’une heure.
La fin de nuit est particulièrement froide, elle me tire de mon sommeil de temps à autre. A cette altitude, sans nuages, la température doit avoisiner les -10°C.
La sonnerie du réveil à 7h15 est difficile, mais la beauté des paysages dehors agit comme un carburant. C’est l’heure bleue. Le contraste des montagnes enneigées est magnifique, celles-ci se coiffent d’une éphémère robe rosée dans le ciel, avant que le soleil ne vienne réchauffer les lieux. L’atmosphère est pure, limpide, la scène est grandiose dans ce silence apaisant.
Je quitte mon spot de bivouac vers 9h30, pour retrouver la voiture à midi, avec des températures redevenues clémentes.
Une rando de 1050 m de dénivelé, assez sensationnelle pour ses ambiances hivernales, qui aura réservé bien des surprises !…

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Pointe de Pavis (2075 m) – Chablais
Pointe de Pavis (2075 m) – Chablais
12 juillet 2020 In Chablais No Comment

11-12 juillet 2020

Pour rentabiliser ce long week-end du 14 juillet, direction un massif dans lequel je n’ai encore jamais mis les pieds : le Chablais. Et pour cause, la destination du jour se trouve au fin fond de la Haute-Savoie, au nord de la Chapelle d’Abondance. Le départ s’effectue depuis le terminus de l’étroite RD222a, au hameau de Bise (1500 m). Accompagné de mes deux acolytes Olivier et José, nous entamons l’ascension à 16h, sous un ciel partagé entre nuages et ciel bleu. En 1 heure seulement, nous voilà au col de Floray, 400 mètres plus haut. Dès lors, nous quittons le sentier principal pour s’engager sur la droite, direction l’objectif du jour : la Pointe des Pavis (2075 m). L’itinéraire est bien moins couru et plus escarpé, obligeant à quelques enjambées hasardeuses. Cela conduit à un petit plateau sous le sommet, au niveau duquel se prélassent des dizaines de bouquetins. Peu farouches, ils ne semblent guère dérangés par notre présence.

Deux heures après être partis, l’objectif est atteint. La vue à 360° est magnifique, du lac Léman à l’ensemble du massif nord-alpin, bien que des nuages accrochent les cimes.
Le bivouac sur la crête sommitale étant impossible, nous redescendons de 50 m sur un replat herbeux, un confort bienvenu après plusieurs sorties peu ergonomiques pour le sommeil. Nous mangeons ensuite, tandis que la température a bien baissé et la brume s’invite à la partie. D’abord peu menaçante, elle envahit progressivement les lieux. La pluie de la nuit dernière, couplé au soleil de la journée, semble avoir eu raison de l’humidité ambiante. Espérant des conditions comme la semaine dernière, je gagne de nouveau le sommet, dans l’attente des couleurs crépusculaires. Mais celles-ci ne vinrent pas.

Direction la tente pour passer une courte nuit, puisqu’à 2h50, le réveil sonne afin d’aller capter quelques ambiances nocturnes, notamment la grande attraction du moment : la comète Neowise. Guidé par la frontale, je remonte à la Pointe des Pavis, les grandes herbes qui jonchent le chemin sont trempées par l’humidité, à l’instar de la toile de tente. Là-haut, un quartier de Lune éclaire timidement le paysage, tandis que les lumières des villes suisses illuminent le secteur au nord-est. Au-dessus du lac Léman, dans le ciel, se démarque la fameuse comète. Je reste ici un long moment à immortaliser cette scène. Vers 4h, alors que je souhaite finir ma nuit, les premières lueurs du jour se manifestent à l’horizon, je prolonge alors ma session photo pour capter la comète confondue dans ces teintes chaudes. C’est magnifique.

Vu l’heure, il est trop tard pour aller faire la sieste, je descends récupérer le reste de mon matériel et remonte aussitôt, pour préparer le lever de soleil. Les couleurs orangées laissent place à l’heure bleue, où les contrastes sont exacerbés, puis viennent ensuite les premiers rayons de lumière, il est 6h. Il n’y a quasiment pas de nuages dans le ciel.
Une heure plus tard, retour à l’abri du jour pour y finir la nuit. Vers 10h, après avoir tout plié, on continue la rando entamée la veille en allant jusqu’au col de Bise (1915 m). De là, nous décidons de faire durer le plaisir et d’étendre la boucle en allant faire un court crochet en Suisse. Nous arpentons les crêtes bien drues, par la Tête de Charousse (2003 m) puis le col d’Ugeon (2010 m), avant d’entamer la grande descente vers le parking que nous retrouvons à 12h45, concluant cette agréable virée en terres du Chablais.

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Roches Merles (2497 m) – Beaufortain
Roches Merles (2497 m) – Beaufortain
5 juillet 2020 In Beaufortain No Comment

4-5 juillet 2020

Ce nouveau week-end de beau temps est synonyme de virée en montagne. Comme il y a deux semaines, le choix se porte sur le massif du Beaufortain, accompagné pour l’occasion de l’ami Olivier. Compte tenu du probable monde en altitude pour ce début des grandes vacances estivales, j’opte pour un endroit où personne n’aura l’idée d’aller planter la tente : Roches Merles (2497 m).

Le départ de la rando s’effectue depuis le refuge du Plan de la Lai (1821 m), le parking est effectivement bondé et bon nombre de gens reviennent de balade. Nous entamons les premières foulées à 16h40. La piste et le sentier serpentent tranquillement le versant sous le Rocher du vent, avec une météo correcte, partagée entre soleil et éclaircies. L’ascension se poursuit jusqu’au col de la Lauze (2330 m). Entre temps, la brume, remontée de l’ouest, est venue s’inviter pour la dernière partie de la course.
Cette dernière ligne droite consiste à emprunter toute la crête pour atteindre l’objectif du jour, tout à l’opposé, à 1,5 km. Le brouillard va et vient, quelques bouquetins sont rencontrés et des marmottes fuient au loin, c’est un tronçon très agréable.

Peu avant le sommet, le sentier disparaît, la pelouse d’altitude laisse place à un univers minéral, fait de roches massives. Après quelques hésitations et petits détour, nous remontons sur les dalles, l’inclinaison est importante et tout mauvais geste pourrait être regrettable. Heureusement, ce dernier coup de rein n’est pas long et le point culminant est atteint à 19h40. Le lieu est assez exigu et caillouteux. Les gens raisonnables redescendraient sur un replat 100 mètres plus bas, mais nous décidons malgré tout de bivouaquer ici, la vue prime sur le confort. Après avoir mis en place nos installations de fortune, nous cassons la croûte tandis que le brouillard s’est bien installé, bien que le ciel bleu ne soit pas loin. C’est rageant, on aperçoit les belles couleurs du couchant arriver.

Alors que nous avons un peu perdu espoir, une trouée apparaît, dévoilant la lumière dorée à l’ouest. Ni une ni deux, je déploie le drone pour aller immortaliser cette magnifique ambiance. Les tons jaunes, rouges et violet s’emparent du ciel, tandis que le Mont Blanc daigne enfin se montrer, sporadiquement. Le spectacle passé, je refais quelques photos pour profiter de l’heure bleue et des nuages avant de rejoindre la tente.

La nuit, toute la masse nuageuse s’est dissipée pour laisser place à un paysage illuminé par la pleine lune. Pendant près d’une heure trente, entre 2h et 3h30 du matin, je capte ces scènes nocturnes. Notre satellite éclaire tellement les lieux que les images semblent être prises en plein jour. Après une courte sieste, le réveil sonne peu après 5 heures pour immortaliser le lever de soleil. Contrairement à la veille, il n’y a plus le moindre nuage, la vue à 360° est intéressante même s’il manque un peu de matière dans le ciel.

Vers 11 heures, nous retrouvons le parking du Plan de la Lai, toujours aussi rempli, concluant cette sympathique rando, qui aura été caractérisé par un bivouac audacieux et d’éphémères couleurs crépusculaires à travers la brume.

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Col du Bresson (2600 m) – Beaufortain
Col du Bresson (2600 m) – Beaufortain
22 juin 2020 In Beaufortain No Comment

21-22 juin 2020

Si officiellement le solstice d’été a eu lieu le 20 juin à 23h45, voilà de nombreuses années que j’ai pris pour habitude de le célébrer à la date fixe et symbolique du 21 juin. Pas question de déroger à la règle pour 2020, direction la montagne afin de voir ce que va me réserver Dame Nature. J’ai longuement été indécis sur la destination. Au départ, j’étais attiré pour grimper sous Archeboc à la frontière italienne, vers Sainte-Foy-Tarentaise, mais à environ 2900 m d’altitude, l’enneigement encore bien présent allait fortement compliquer l’exercice. Après moult tergiversations, j’opte pour le Beaufortain, entre Pierra Menta et lac de Presset.

Le trajet en voiture m’emmène jusqu’au barrage de Roselend, puis ensuite une piste de quelques kilomètres, jusqu’au parking de Treicol (1710 m), bondé en ce dimanche ensoleillé. Je mange rapidement et entame l’ascension, il est 13h. Plutôt bien en jambes, les presque 800 mètres de dénivelé pour atteindre le Col du Bresson (2469 m) sont avalés en 2 heures. Entre temps, le ciel s’est couvert, il souffle et l’air est bien frais. Ayant eu l’information par d’autres randonneurs croisés en chemin comme quoi le Lac de Presset était encore pris sous la neige, j’exclus d’y aller. Je regarde autour de moi. A droite, en direction de la Pierra Menta, le bivouac risque d’être impossible en raison du caractère minéral et acéré du cheminement. En revanche, à gauche, la crête herbeuse me semble intéressante. Je décide alors de la grimper, il n’y a aucun sentier. Un peu plus haut, quelques bouquetins qui se pensaient tranquilles sont surpris, ils déguerpissent pour me laisser passer. Après une demi-heure d’errance sur cette crête, je ne m’aventure pas plus loin, au risque de faire de l’escalade dangereuse. Je reviens alors sur mes pas pour installer la tente sur un replat qui n’en est pas un. Je privilégie la qualité du spot plutôt que le confort.

Il est environ 17h, un plafond nuageux s’est installé sur le secteur. Il stationne vers 2700 m, le sommet de la Pierra Menta étant pris dans la brume. Je décide alors de faire une petite sieste, le froid ne m’invitant pas à rester dehors. Deux heures plus tard, je mange un bout puis commence à préparer le terrain pour le coucher de soleil, qui présente un certain potentiel : si le mur nuageux est toujours présent au-dessus, à l’ouest il subsiste une petite bande de ciel bleu. Je patiente un moment, puis des rais de lumière commencent à percer. D’abord timides, ils s’intensifient progressivement, mettant en valeur le barrage de Roselend à moitié visible d’ici. Vers 21h, je lâche le drone en même temps que la lumière crépusculaire explose. Les lieux sont envahis de tons dorés incroyables, aussi beau qu’éphémère, en quelques secondes, tout redevient fade. Quelques minutes plus tard, le soleil refait son apparition à l’horizon, complètement estompé par un voile nuageux, formant une boule rouge lumineuse. Le brouillard prend le relais, je me réfugie alors dans la tente pour entamer la plus courte nuit de l’année.

A 2h, le réveil sonne, il est temps d’aller faire quelques photos nocturnes dans la plus totale des obscurités. Un coup d’œil dehors, les étoiles sont visibles, les nuages se sont dissipés ! J’attaque d’abord côté sud pour capter la Pierra Menta sous la Voie Lactée, c’est magnifique. Je remonte la crête pour aller immortaliser la partie nord et tenter un circumpolaire… malheureusement la brume n’avait pas dit son dernier mot et de nouveau la voici qui investit les lieux. J’ai beau patienter un moment, rien n’y fait. Je retourne dormir, mais pas pour longtemps, puisqu’à 5h la sonnerie me rappelle à quel point le jour se lève tôt en cette fin juin. Le brouillard s’est dissipé, même s’il subsiste çà et là quelques bancs inoffensifs. Je m’occupe pendant plus d’une heure à capter les couleurs matinales, puis d’envoyer dans les airs une dernière fois le drone, notamment pour prendre la Pierra Menta sous des angles inédits.

A 8h, je plie la tente détrempée, et rebrousse chemin pour retrouver la voiture 900 m en contrebas. Bilan : une sortie riche en ambiances, avec la petite satisfaction personnelle d’avoir eu l’inspiration et l’audace d’un bivouac sur cette crête, pourtant peu appropriée pour un tel exercice.

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Lac Fourchu (2050 m) – Taillefer
Lac Fourchu (2050 m) – Taillefer
20 mai 2020 In Taillefer No Comment

19-20 mai 2020

Quelques jours seulement après mon éprouvante première sortie au Dôme de Bellefont, une nouvelle rando se profile pour ce milieu de semaine. Aux contraintes réglementaires de département et de distance au domicile, s’ajoute un besoin de ménager ma monture, en préférant un petit dénivelé, sans neige et si possible avec un plan d’eau. Le Lac Fourchu s’est donc imposé comme une évidence, d’autant plus que la route menant au départ, au Lac de Poursollet, a été rouverte à la circulation le 11 mai.
Vers 16 heures, m’y voici. La température dans la vallée a bien grimpé en 24h, mais ici il fait plutôt frisquet en comparaison, à peine 15°C. Il faut dire que le massif du Taillefer s’est paré d’épais nuages, l’ascension va donc d’effectuer à l’ombre. Sans grande difficulté, les 400 m de dénivelé pour atteindre le plateau sont avalés en une heure.

Je n’étais pas venu ici depuis 2012, c’était début juin et le lac avait encore de nombreuses zones de glace. En cette mi-mai, tout a fondu, il ne subsiste que quelques névés sur certaines pentes moins exposées. En revanche, l’accès au Taillefer est plus compliqué, d’en bas le manteau blanc qui le recouvre semble encore bien épais.
Je longe le lac par le sud dans le but d’atteindre son extrémité ouest, qui sera mon pied à terre pour cette nuit. A un moment, le sentier est englouti par le haut niveau des eaux, m’obligeant à rebrousser chemin pour le contourner plus au sud.
Il est 17h30, j’ai choisi mon emplacement : un large replat herbeux, à une dizaine de mètres du plan d’eau. J’ai rarement eu un tel niveau de confort pour un bivouac, je vais pouvoir savourer, sans me soucier du vide trop proche ou de cailloux dans les reins.
Le ciel est assez chargé en cette fin d’après-midi, sans parler du vent plutôt soutenu.
Je patiente jusque vers 20 heures et vais me positionner au bout du lac pour les traditionnelles photos du crépuscule, avec les couleurs qui deviennent de plus en plus chaudes. La nébulosité s’est estompée, le vent aussi, c’est parfait. D’en bas, le Lac Fourchu est assez difficile à immortaliser, chose que j’avais déjà constaté la dernière fois. C’est alors que le drone prend le relais, de là-haut, les possibilités se multiplient, je prends plaisir à capter ces instants sous des angles inédits, notamment le coucher de soleil rouge vif à l’horizon. Magnifique.
Je regagne ensuite ma tente pour aller dormir. Je fais une croix sur les photos nocturnes, le secteur ne m’inspire pas : relief trop fermé côté sud, et partout autour de la pollution lumineuse.

Le réveil sonne vers 5h30. L’humidité du lac a détrempé la tente, mais celle-ci séchera vite dès que le soleil fera son apparition. Je passe la tête dehors : tempête de ciel bleu, pas un brin de nuage à l’horizon. C’est donc sans grande conviction que je retourne au spot de la veille, pour aller immortaliser les premiers rayons sur le Taillefer qui se reflètent dans le lac. Mais le constat est le même : des clichés trop convenus et manquant d’originalité. C’est une nouvelle fois le drone qui vient à la rescousse pour magnifier les paysages avec un peu plus de hauteur.
Ces instants passés, je retourne dans mon abri éphémère pour y finir ma nuit, le soleil réchauffe l’intérieur tandis que des courants d’air frais vont et viennent, et les oiseaux dans les buissons chantent. Le bonheur ultime.
A 11 heures, retour à la voiture, épilogue d’une sortie agréable.

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Dôme de Bellefont (1975 m) – Chartreuse
Dôme de Bellefont (1975 m) – Chartreuse
17 mai 2020 In Chartreuse No Comment

16-17 mai 2020

Le 11 mai a sonné la fin du confinement. Si durant les deux mois précédents la météo a été outrageusement bonne, cette semaine a été calamiteuse, entre froid et pluie. Les anciens diront, à juste titre, que c’était les Saints de glace. Ce premier week-end post-libération est alors synonyme de virée montagnarde, malgré le mauvais temps qui plane. Qu’importe, l’attente a été trop longue.
Dans la mesure où sur les deux Savoie le bivouac y est curieusement interdit jusqu’à nouvel ordre et que la règle des 100 km s’impose, le choix de la sortie est quelque peu restreint, même si les possibilités restent importantes côté Isère.
J’opte alors pour un sommet que je peux apercevoir depuis chez moi : le Dôme de Bellefont. J’y étais déjà monté il y a quelques années à l’automne depuis Perquelin, où les conditions y avait été intéressantes. Cette fois, c’est côté Grésivaudan que l’ascension va s’effectuer. Je pose la voiture vers 1100 m au niveau des anciens sanatoriums de Saint Hilaire du Touvet, récemment détruits. Il est 14h45.

La brume accroche le versant, j’attaque donc la montée dans une certaine humidité, tant dans l’air que sur le sol. Après quelques lacets sur une piste, je récupère le GR du tour des petites roches, qui longe le flanc oriental de la Chartreuse, jusqu’à atteindre la source du sanglier (1290 m).
A partir de là, l’exercice se corse radicalement puisque le sentier s’aventure droit dans la pente pendant 600 m de dénivelé. Mes jambes me rappellent que c’est la première vraie rando de la saison, et les 22 kg sur le dos n’arrangent pas la situation.
Quelques randonneurs croisés plus bas m’avaient garanti d’être au-dessus du brouillard une fois la crête atteinte, mais il semblerait que la brume ait pris de l’altitude entre temps. Non sans difficultés physiques, le Pas de Rocheplane (1860 m) est franchi. La visibilité ne dépasse pas les 50 mètres, ce qui porte un coup à la motivation. Le plus dur étant fait, je prolonge jusqu’au Dôme de Bellefont (1975 m). L’horloge indique 19h, il aura tout de même fallu 4h15 pour grimper ici…
Pour voir quoi ? Rien. A part du brouillard et 3 autres personnes qui eux aussi ont décidé de passer la nuit ici. Les emplacements n’étant pas légion, je trouve un pseudo-plat légèrement en contrebas, contre des petits sapins qui vont se révéler fort bienvenus pour protéger mon installation de fortune du vent.
L’ambiance est assez pesante entre la bise, la brume épaisse et ce froid humide. Comme je le craignais, aucune couleur crépusculaire n’aura daigné percer, s’allonger dans la tente et trouver le sommeil est la seule chose qui reste à faire, en croisant les doigts pour avoir de meilleures conditions le lendemain.

5 heures, le réveil sonne. Verdict en ouvrant la tente : du ciel bleu et des sommets de Belledonne visibles ! De bon augure. En revanche, le vent n’a pas faibli et en me positionnant sur le point de vue, le nord de la Chartreuse apparaît assez tourmenté avec une mer de nuages qui a davantage l’air d’un tsunami que d’une paisible baie. A peine ai-je le temps de faire quelques photos de ce phénomène, avec le Mont Blanc dans le cadrage, que la brume entame un ballet. Animée par un puissant vent de Nord remontant le vallon de Marcieu par effet Venturi, elle vient régulièrement occulter le paysage, jusqu’à le plonger sous les flots. Privé de ce spectacle depuis mon promontoire, je n’abdique pas et vais chercher le drone. C’est très angoissant de lâcher l’engin volant avec cette bise soutenue, mais le jeu en vaut la chandelle, la brume n’est pas épaisse au-dessus de ma tête. A une cinquantaine de mètres, l’appareil émerge des flots. La scène est saisissante : la mer de nuages venue de Savoie a envahi la Chartreuse et vient se déverser dans le Grésivaudan, telle la marée montante. Cerise sur le gâteau, le soleil vient déposer ses premiers rayons sur les nuages. Grandiose.
Je retourne ensuite me calfeutrer dans ma tente pour poursuivre ma nuit. A 10h30, je lève les voiles, direction le chemin du retour, pour retrouver la voiture à 13 heures, les jambes bien lourdes.

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